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„La musique adoucit les moeurs”, dit-on. Si tel est le cas, nous en avons alors sacrément besoin par les temps qui courent. Encore que je ne sois pas si sûr qu’elle jouisse dans tous les cas d’une telle vertu. Tel Woody Allen: „Quand j’écoute trop de  Wagner, j’ai envie d’envahir la Pologne”. Dans un tout autre genre, lorsqu’il m’arrive de devoir subir des chanteurs de rap sur les ondes, je n’y vois-entends rien d’apaisant, bien au contraire. Mais est-ce vraiment de la musique? On peut se poser la question...

Lorsque nous parlons musique, à quoi pensons-nous au juste? Il est de coutume de distinguer en gros musique classique (incluant l’opéra) et musique dite de variété (incluant l’opérette et le musical). Ce à quoi j’ajouterais une catégorie à part pour le jazz, pris dans un sens très large. Musique „classique”? Une appellation bien imparfaite, mais qui, faute de mieux, reste encore la moins inadaptée. Pour peu que l’on prenne le mot dans son acception la plus large et non limitée à un style ou une période donnée. Une appellation en tous les cas préférable à celle, par trop ampoulée et emphatique, de „grande musique” ou, pire encore, de „musique sérieuse” dont on l’affuble parfois (par exemple en Hongrie: „komoly zene”). Sérieuse? Vous voulez rire!  Nous pourrions citer presque à l’infini les exemples pour y apporter un flagrant démenti. Mais nous y reviendrons. De même que, pour la musique de variété, le terme de „musique légère” nous semble tout aussi injuste et dévalorisant. Musique classique... Sa définition le plus souvent citée dans les dictionnaires: „Musique occidentale savante, par opposition à la musique populaire”. Une définition, ici encore, bien imparfaite, voire contestable (sur son opposition au terme „populaire”).

 

Sérieuse, avez-vous dit? Mais n’avez-vous donc pas écouté les opéras de Rossini? A écouter entre mille autres, pour qui ne serait pas convaincu, l’étourdissant  final du 1er acte de son Barbier ou, mieux encore, la truculente scène finale du 1er acte de son Italienne à Alger. Tout le contraire. Sans parler d’Offenbach, certes dans un genre que nous pourrions qualifier de mineur, à la limite de l’opérette. Nous pourrions aussi citer nombre de compositeurs parmi les plus respectés. A commencer par notre cher Mozart dont les facéties sont bien connues, que l’on retrouve dans certaines de ses oeuvres ou de ses personnages, tel son Papageno. Rappelons à ce sujet qu’à l’époque, les opéras n’étaient pas le lot exclusif d’une élite (aristocratie, cours royales), mais étaient également très prisés dans les milieux populaires. Telle „La Flûte enchantée”, alors entrecoupée de nombreuses interventions du public, ou encore „Le Barbier de Séville” copieusement chahuté lors de sa création. Sans parler de l’opéra napolitain, tradition qui remonte probablement à la Comedia dell’Arte avec ses tréteaux sur les places publiques. Ce qui remplaçait un peu, à cette époque où le cinéma n’existait pas, nos grands comiques ou comédies musicales d’aujourd’hui. Même nos compositeurs réputés les plus sérieux, voire renfermés, n’échappent point à cette règle d’exception. Tel Beethoven qui, contrairement à la réputation dont on l’affuble, n’était pas exempt d’humour - du moins dans ses bons jours (1) -, un humour que l’on retrouvera dans certaines de ses pièces („Colère pour un sou perdu”). Pour nous en tenir à cette époque, l’un des exemples les plus fragrants nous en est donné par Joseph Haydn. Tel ce mouvement de symphonie brusquement interrompu par un gros coup de timbale (réveiller l’auditeur assoupi) ou encore ce quatuor (genre pourtant réputé austère) qui n’arrête pas d’en finir, les instrumentistes reprenant leur jeu de plus belle au moment précis où le public se met à applaudir. Personnage au caractère affable et enjoué, Haydn était particulièrement friand de ce genre de surprises. Mais nous pourrions encore citer mille exemples, comme Erik Satie ou encore le Carnaval des animaux de Saint Saëns.

Reconnaissons, pour être justes, que certains échappent à la règle, tel Wagner, déjà cité, ou encore son rival Verdi, dont le seul opéra – prétendument – comique, Falstaff, est loin d’être sa plus grande réussite. Et à l’inverse, la musique de variété foisonne d’airs empreints de mélancolie, ce qui n’est d’ailleurs pas un mal, bien au contraire, car ils sont souvent les plus émouvants (Edith Piaf, Barbara).

 Puisque nous avons pris ici le parti de plaider en faveur de la musique classique, qu’il nous soit permis, ou plutôt pardonné, d’émettre une remarque quant aux interprètes. Pensant ici plus particulièrement à la technique du chant. Une chose est de chanter devant un micro sans trop s’attarder sur des vocalises (2). Toute autre chose est de se produire sans micro devant une immense salle, voire en plein air, tout en se débattant avec des vocalises acrobatiques et en tenant la note sur d’interminables secondes. Nous citerons à titre d’exemple la célèbre cavatine de Rosine dans le Barbier de Rossini ou cette autre cavatine, moins connue,  qui conclut sa Donna del Lago. Ces deux dernières à écouter par exemple dans l’époustouflante interprétation que nous en a laissée la jeune mezzo-soprano américaine Joyce Di Donato. Mais elle est loin d’être la seule. Sans parler de l’archi célèbre et galvaudé air de la Reine de la Nuit dans la Flûte enchantée.  Un métier qui suppose de longues et fastidieuses années de préparation.  

Papageno, Papagena

Que l’on ne se méprenne point. Nul intention de notre de part de déprécier les chanteurs de variété. Auxquels je reconnais en contre-partie, sinon pour tous, du moins pour les plus talentueux, un art inimitable dans l’expressivité. Encore faudrait-il établir ici une nouvelle disctinction. Entre ce que les Hongrois appellent la „sanzon” (notre chanson) et le „sláger” (notre tube). Avec une nette plus value pour les premiers (la chanson). Pensons à un Yves Montand, une Edith Piaf, une Juliette Greco, un Jacques Brel, un Brassens ou encore une Barbara. Ou, puisque nous évoquons la Hongrie, à Zsuzsa Koncz. Sans parler de Joan Baez qui me fait littéralement tomber à genoux (3).   

Parmi les reproches formulés vis-à-vis de la musique classique: sa difficulté d’accès, réservée à une élite. Si la difficulté évoquée fait allusion aux tarifs appliqués, nous émetterons une légère réserve. Résidant à Budapest, je paie mes places d’opéra (certes, au poulailler) entre 5 et 8 euros. Presque idem pour les concerts (entre 8 et 12 euros). Face à cela, un récital donné par la chanteuse hongroise Zsuzsa Koncz se vendait à plus de 50 euros la place. Et pour une équipe plus restreinte. Il est vrai que la place de Paris, notamment l’Opéra Bastille (hypocritement baptisé „populaire”), propose des tarifs parfois exorbitants, souvent dissuasifs. Mais à combien se vendraient les places d’un récital Johnny Hallyday à l’Olympia? Je demande à voir. Ceci dit, ne soyons pas de mauvaise foi et reconnaissons que le côté parfois fermé, d’un certain public parisien en repousse plus d’un. Les très rares fois où il m’a été donné de me rendre à l’Opéra Bastille, j’avais presque – en exagérant un peu..- l’impression de me trouver dans une réunion de promotions de l’ENA. Remarque qui vaut pour une partie - heureusement pas la majorité (4) - du public parisien et vaudrait peut-être tout autant à Covent Garden, au Wiener Staatsoper ou au Met de New-York (encore que cela reste à voir...) Mais pas sur des places réputées moins prestigieuses comme Francfort (où j’ai vécu) ou Budapest - encore que les représentations y soient de la meilleure qualité - avec un public plus mélangé. Autre effet dissuasif: notre France Musique, devenu une sorte de club fermé, modèle de pédanterie. Restent heureusement notre Radio classique et la chaîne Mezzo pour limiter les dégâts et sauver la face. Pédanterie que je ne retrouve nullement sur les deux stations hongroises Bartók radió et Klasszik radió, ouvertes, animées, nullement ennuyeuses, au contraire.

Mais cessons donc de pleurnicher et reconnaissons qu’un peu partout, que soit à Paris, Budapest ou ailleurs, des efforts sont déployés ici ou là pour populariser la musique. Telle cette nouvelle mode qui consiste à retransmettre sur grand écran les opéras produits au Met. Ou encore le film-opéra (tradition plus ancienne) consistant à projeter dans les salles, non des opéras filmés, mais de vrais longs métrages mis-en-scène pour l’écran. Le plus célèbre ayant été le fameux Don Juan de Losey. Une mode légèrement retombée, qu’il conviendrait de relancer.

Parmi les innombrables remarques émises sur la musique, qu’il nous soit permis d’en citer quelques unes, glanées au hasard: „Partie du coeur, puise-t’elle aller au coeur!” (Beethoven), „Pas de musique sans amour” (Joseph Krips), „Le plus court chemin d’un coeur à l’autre” (J.C. Casadessus), „Pourquoi séparer l’amour de la musique? Ce sont les deux ailes de l’âme” (Berlioz). Des propos qu’au-delà de la musique (classique) pratiquée par leurs auteurs, nous pourrions tout autant appliquer à la musique en général. Je veux dire la vraie, la „grande” (pour le coup j’adopte le terme), celle de Beethoven, Schubert, Schumann tout autant que celle chantée par Joan Baez, Barbara, Edith Piaf, toutes et tous rassemblés dans un même Hymne à l’Amour.

PW – 30 juillet 2017

 

(1): à son frère, qui lui avait adressé une carte de visite „Johann van Beethoven, propriétaire foncier” (Grundbesitzer), Beethoven répondit par une carte „Ludwig van Beethoven, propriétaire d’un cerveau” (Hirnbesitzer).

(2): une habitude qui me dérange particulièrement: lorsque des gros plans nous montrent de près les chanteurs de musical, cet affreux petit micro scotché à leur joue. De quoi vous couper tous vos effets. Imagineriez-vous une Callas affublée d’un tel accessoire?

(3): enthousiasme partagé par le très sérieux Jean d’Ormesson (même remarque, mot à mot, entendue jadis à l’émission Radioscopie de Jacques Chancel).

(4): pour ne pas être tout-à-fait injustes, reconnaissons que Paris a aussi son lot de bon public, que l’on retrouvera par exemple au Théâtre de la Ville, à la Villette, ou encore aux matinées du Châtelet ou du Théâtre des Champs Elysées.     

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