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Le hongrois est réputé, à tort ou à raison (1), être une langue particulièrement hermétique aux étrangers. Ce qui présente un avantage précieux: vous pouvez vous exprimer tranquillement en hongrois devant un non initié sans qu’il puisse en deviner le moindre mot. Mais avec, revers de la médaille, un lourd handicap: celui d’isoler les Hongrois qui ne parleraient pas une langue étrangère (2).

Parmi les effets regrettables de cet isolement linguistique: peu de nos compatriotes connaissent les trésors de la littérature hongroise. Même si des traductions de plus en plus nombreuses, souvent de qualitté, leur sont aujourd’hui proposées, comme en témoignent les succès sur nos rayons d’un Márai, d’un Kosztolányi ou encore d’un Ferenc Molnár. A l’inverse, les traductions d’ouvrages français innondent les librairies hongroises. Nul Hongrois qui ne connaisse quasiment par coeur Notre Dame de Paris, Madame Bovary ou des poèmes de Verlaine. Sans parler du théâtre, bien qu’ici encore, de plus en plus traduit et joué sur les scènes parisiennes. Mais le touriste français de passage à Budapest, qui ne manquera pas de se rendre à l’Opéra pour y admirer tant la qualité des représentations que la beauté de la salle, se doutera-t’il, en passant devant les théâtres du quartier, qu’y sont offertes parmi les meilleures prestations sur les scènes européennes? Dommage.

Des Hongrois qui ont appris dès l’école à se familiariser avec nos écrivains. Ce dont nous ne pouvons trop nous vanter en France, du moins pour ce qui concerne les programmes scolaires.... Je ne sais ce qu’il en est aujourd’hui, mais je ne me souviens guère d’avoir étudié en classe les littératures étrangères, mis à part un peu de Shakespeare (et encore..) aux cours d’anglais. Un enseignement presque exclusivement consacré à la littérature française, mais, reconnaissons le, de qualité. Les anciens se souviennent encore de ces fameux Lagarde & Michard, véritable bible depuis inégalée. Certes, nous avons tous plus ou moins lu Toltoï, Hemingway, Goethe ou, plus près de nous, Eco ou Soljenytsine. Mais pour leur seul renom et sans les avoir étudiés „officiellement”. Une particularité au demeurant bien française (mes amis allemands, par exemple, connaissant souvent mieux que moi nos propres écrivains).

La bible de nos lycéens

Pour en revenir aux écrivains hongrois, une autre particularité (mais ils ne sont pas les seuls): avoir, pour un grand nombre d’entre eux, séjourné à Paris. Il suffira, pour s’en convaincre, de déambuler dans les rues du Quartier latin couvertes de plaques rappelant leur séjour. Le plus connu étant le poète Endre Ady qui consacra à Paris plusieurs de ses poèmes, extrêmement populaires en Hongrie. Mais il est loin d’être le seul. Il est vrai que c’était une époque (seconde moitié du XIXème, début du XXème) où Paris jouissait encore d’un grand rayonnement culturel et attirait musiciens (Liszt, Chopin), peintres (Van Gogh, Picasso, Chagall) et écrivains (Heine, Tourgueniev, Mickiewicz, Stefan Zweig, Hemingway). A l’inverse, mis à part quelques exceptions (le plus souvent pour des raisons politiques, tels Chateaubriand – mis à part son voyage en Amérique du Nord - ou Victor Hugo), peu de nos grands écrivains se sont expatriés. De ce fait, par le biais de la littérature, nul Hongrois, ou presque, qui ne connaisse les hauts lieux de notre capitale sans y avoir mis les pieds.

Endre Ady, probablement l’un des plus grands poètes hongrois, chantre de Paris

A la différence de la littérature, la musique et les arts figuratifs (peinture, sculpture, photographie) offrent l’avantage d’être accessibles à tous, au-delà des frontières. Ce qui vaut particulièment pour la musique. A travers les concerts et le disque, nul mélomane français qui n’ait entendu Liszt ou Bartók, pour nous en tenir à la Hongrie. Et nul amateur hongrois qui ne connaisse non seulement Berlioz, Debussy ou Ravel, mais aussi, depuis peu, nos compositeurs baroques, tel Rameau, mais bien d’autres, de plus plus en plus joués dans les salles de Budapest.

Une connaissance moins évidente pour ce qui concerne, par contre, la peinture hongroise. Qui, chez nous, aura entendu parler d’un Pál Szinyei-Merse ou d’un Rippl-Rónai? Deux artistes pourtant de haut niveau, le premier offrant même une certaine parenté avec notre super-star Claude Monet. Mais ici encore, force est de reconnaître qu’un grand progrès a été réalisé ces derniers temps. Notamment par le biais des expositions. Si les peintres français ont toujours été à l’affiche des musées hongrois, de plus en plus nombreuses sont les galeries et musées de France qui exposent aujourd’hui la peinture hongroise. Des expositions, au demeuant, de grande qualité et attirant toujours un nombreux public.

Ne faisons donc pas la fine bouche et soyons reconnaissants à nos compatriotes (traducteurs, éditeurs, galiéristes, directeurs de musées et de théâtres) qui déploient un effort considérable pour promouvoir en France la culture hongroise. Probablement avec plus d’efficacité que ne le feraient nos politiques, même s’il est vrai que  nos Instituts culturels respectifs se montrent actifs dans ce domaine (particulièrement l’Institut hongrois de la rue Bonaparte, bien connu des Parisiens). A l’inverse, qu’un hommage soit rendu entre autres aux chefs hongrois qui inscrivent de plus en plus souvent à l’affiche de leurs concerts des oeuvres du répertoire français. Souvent parmi les moins connues, tel un concert de musique baroque récemment proposé par le chef György Vashegyi et son ensemble Orfeo en coopération avec le Centre de Musique baroque de Versailles. Et comment ne pas mentionner ici le nom d’Iván Fischer et de son Orchestre du Festival de Budapest, qui a désigné la France „pays invité” pour sa saison 2016-2017 et a consacré en septembre dernier une journée entière à notre pays en coopération avec le Palais des Arts (Müpa). Deux initiatives dont nous avons rendu compte dans ces colonnes (3).

C’est donc sur une touche optimiste que nous concluerons. Au-delà de la distance et de la barrière des langues, on peut commencer à parler effectivement aujourd’hui de „cultures sans frontières”. Il était temps!

 

PW – 15 janvier 2017

 

(1): encore qu’aujourd’hui, de plus en plus nombreux sont les étrangers résidant en Hongrie qui manient fort bien la langue hongroise (notamment parmi les Français).

(2): contrairement à une idée répandue, ls Hongrois ne sont pas si nombreux qu’on le croirait à pratiquer les langues étrangères, comme tendrait à le montrer une étude Eurostat qui les place en Europe près de la lanterne rouge, les Français, pourtant pas des modèles du genre.., se plaçant en milieu de peloton .

(3): „Quand la cour de Versailles s’invite à Budapest” (24 nov. 2016), „La France à l’honneur au Palais des Arts...” (3 sept. 2016).

 

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