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Lorsque je résidais en Allemagne, nous avions rédigé avec mes collègues un „Guide de la communication” à l’attention des entreprises françaises désireuses de se lancer sur le marché allemand. Petits conseils de ce qu’il faut faire ou ne pas faire lors des négociations avec un partenaire d’outre-Rhin. Une occasion pour étudier les deux modes de comportement et en souligner les contrastes. Sujet bateau assez facile, tant les contrastes nous semblaient flagrants, parfois à la limite du cliché.

Quelques exemples: l’Allemand incroyablement doué dans le domaine industriel, du moins par rapport à son voisin français dont il n’aurait pas, en contre-partie, le savoir-vivre (allégation qui s’avère être de plus en plus erronée). Ou encore ce goût prononcé de l’Allemand pour les règles et standards auxquels il s’attache scrupuleusement. Et cette théorie de la valeur du temps: monochronique chez l’Allemand (une seule chose à la fois) et polychronique chez le Français (plusieurs choses à la fois). Etc. Bref, un sujet facile, même s’il offre la tentation de tomber dans le piège des lieux communs.

S’il fallait résumer, je dirais que le Hongrois se situe à mi chemin entre le Français et l’Allemand.

Par contre, lorsqu’il s’agit d’appliquer l’exercice au couple franco-hongrois, la tâche me semble pour le coup particulièrement ardue. Parce que le Hongrois aurait une nature plus complexe, plus subtile, plus difficile à enfermer dans des clichés, que l’Allemand ? S’il fallait résumer, je dirais qu’il se situe à mi chemin entre le Français et l’Allemand. (Rectificatif: quand je dis „le Hongrois”, c’est en fait de la société, et non de l’individu que je parle. Le homo hungaricus en tant que collectivité avec ses us et coutumes, ses traits et usages communs.)

Sans conteste, je perçois le Hongrois comme extrêmement franc (idem pour l’Allemand) presque trop parfois, quitte à être cru dans ses remarques (”szókimondó”). Voilà qui est parfois dur à avaler, mais bien pratique, tout de même...

Pour commencer, un point qui le rapprocherait a priori de nous (en contraste assez net avec l’Allemand): sa vivacité d’esprit, et son sens de l’humour et de la répartie. Entre les deux sociétés (française et magyare), je ne saurais établir de hiérarchie sur ce plan, les trouvant très proches.

Par contre, deux aspects de son comportement me semblent différer – assez nettement, même - de celui de mes compatriotes. Sans conteste, je perçois le Hongrois comme extrêmement franc (idem pour l’Allemand) presque trop parfois, quitte à être cru dans ses remarques (”szókimondó”). Voilà qui est parfois dur à avaler, mais bien pratique, tout de même... (Un excellent champ d’expérience: les assemblées de co-propriétaires où j’assiste ici à des passes d’armes – tutoyées et chacun appelé par son prénom - assez hautes en couleurs - excellent pour mon vocabulaire; alors qu’à Paris, où les conflits sont tout aussi fréquents, j’étouffais sous les allusions indirectes, mais d’autant plus blessantes et perverses de ces dames et messieurs bien distingués.)

Et généreux. Que mes compatriotes ne s’en offusquent pas! Bien évidemment, je n’ignore pas tous les élans de générosité des Français lorsqu’il s’agit de soutenir des causes de par le monde (action contre la faim, protestations contre les atteintes aux droits de l’homme et de la femme). C’est vrai. Mais je parle ici de la générosité dans les contacts individuels, personnels: ne jamais arriver les mains vides chez un ami ... ou non ami..., recevoir ses hôtes en leur offrant systématiquement quelque chose (si vous êtes en visite dans une entreprise, la secrétaire vous proposera café et eau minérale, du moins était-ce ainsi à „mon époque”).

Puisque j’en suis à dresser un inventaire des semi-clichés, citons encore en vrac: cet individualisme et ce sens de la critique paticulièrement développés (à quasi égalité avec la France, quoique légèrement dépassée d’une petite tête). Cette sensibilité aigüe, presque excessive qui, si elle explique les élans de générosité, a aussi son revers de médaille par une susceptibilté exacerbée. Ici, rien à voir avec le rationalisme un peu distant, presque froid, perçu en France. Et pour mentionner une autre différence (liée à la sensibilité): ce besoin insatiable d’être aimé, que j’associe indirectement à un double complexe tout à la fois d’infériorité et de supériorité. Enfin, la fierté. Que je prenais jusque là pour une qualité, l’opposant, un peu trop schématiquement, à la vanité latine et à l’orgueil germanique.

La société hongroise a considérablement changé au cours de ces dernières années. Et pas forcément en bien.

Aujourd’hui, force m’est d’avouer que cette fierté – que j’admirais tant – ne passe plus trop à mes yeux pour une qualité, ou du moins que partiellement, au vu des excès dont nous sommes témoins dans la vie publique depuis un ou deux ans: glorification de la „magyarité”, évocation sur un ton épique des sources ancestrales, confinant parfois le ridicule.

Car la société hongroise a considérablement changé au cours de ces dernières années. Et pas forcément en bien. C’est ce qui n’en rend que plus difficile notre analyse.

A kép illusztráció.A commencer par une société scindée en couches contrastées avec l’apparition, non tant des nouveaux riches que cette grande partie de la jeunesse au look peu engageant: tatouages, crane rasé, maillots laissant apparaître une musculature impressionnante (Monsieur) et short ou mini-jupe bien moulants sur l’arrière-train et décolleté (Madame) à vous rendre fou le plus austère des ermites (dont votre serviteur.). Et sourire rigoureusement prohibé !! Bref... pas vraiment de bon ton, en tous les cas pour nous autres, Français. On me rétorquera le cas de nos loubards de banlieue. Désolé, mais – même s’ils n’ont pas leur pareil pour incendier les voitures et caillasser les véhicules de police– je trouve leur tenue moins choquante, voyant par exemple moins de jeunes femmes tatouées dans les rues de Paris et de la banlieue qu’à Budapest où la mode se répand à vitesse grand V. Face à cela, à ma droite, des étudiants biens sages et disciplinés (mais une élite minoritaire).

Bref, une société hongroise en mutation dont le profil s’écarte de plus en plus du schéma français (qui évolue aussi, mais moins rapidement et pas forcément dans le même sens). Et de plus en plus contrastée. Un exemple: je viens d’évoquer ces „étudiants bien sages et discplinés” (par opposition aux couples „roule-les-mécaniques” des centres commerciaux). Des étudiants bien gentils, certes, mais ultra conservateurs, à la différence des nôtres, pour ne pas dire réactionnaires. Avantage: des locaux tout beaux, bien proprets dans les facultés, mais presque trop (allez donc visiter la belle bibliothèque Szabó Erwin et côtoyer ses lecteurs: intimidant, on se croirait dans un club de la gentry londonienne!).

Pour passer du coq à l’âne, puisque je parle de discipline, un bon point, en revanche: d’après mes observations, un piéton et cycliste sur deux traversent aujourd’hui au feu rouge (Budapest), ce que je tiens pour un progrès (à encourager)! Et surtout, différence de taille avec l’Allemagne: aucune remarque ni même de regard accusateur de la part de l’autre moitié qui attend sagement sur le trottoir. Voilà qui est bien appréciable et révèle un côté de la mentalité hongroise que j’apprécie: pas de délation... Que nous sommes ici loin de l’Allemagne et proches de la France !

D’aucuns trouveront que je force un peu trop le trait et généralise à l’envie? Pas tant que ça... Encore que, je le répète, la société hongroise me semble particulièrement difficile à décrire, tant elle est variée et, pour un observateur extérieur comme moi, truffée de paradoxes.

Des paradoxes que, depuis 46 ans que je côtoie les Hongrois, je n’arriverai jamais à comprendre. Exemple: ce contraste pour moi très prononcé entre convivialité et distance. Alors que le tutoiement et le recours aux diminutifs des prénoms est généralisé, presque de rigueur à tous les niveaux (héritage du socialisme?), les apparitions dans la vie publique me paraissent au contraire un peu trop coincées: présentateur figé qui vous endormira par son ton monotone, échanges sur „Monsieur le député” contre „Madame la rédactrice” lors des débats, etc. Alors qu’il m’est de plus en souvent arrivé de voir le présentateur du JT français croiser les bras, sourire, varier les postures et appeler notre Premier ministre „François Fillon”, „Jean-Marc Ayrault” (Laurent Delahousse). Ici, rien que du „M. Président du Conseil”, même si on le déteste. Quand à croiser les bras, changer sa posture, ça ne se fait pas, on appelle cela ici „gesticuler”. Je retrouve là toute l’influence allemande... (Le sommet étant donné par la redoutable et soporifique météo du soir sur M1-M2 et HírTV: déprime assurée!)

Autre paradoxe (à mes yeux): cette manie de tout critiquer, constamment, et de pester contre tout: le gouvernement (pour le coup, je suis d’accord!), le voisin, le collègue, d’un côté. Et une incroyable passivité de l’autre (cf. la vie politique actuelle). Bon, il y a bien eu 1956, mais depuis?... 1989, certes, mais déjà avec l’accord tacite des gouvernants alors en place (période Gorbatchev/Németh-Horn). Un travers qui aurait tendance à agacer: toujours tout savoir, ergoter, être plus intelligent que l’autre (”okoskodni”), bref fort en gueule, mais plus là lorsqu’il faut agir.

Voici, en vrac, quelques traits que j’ai tenté d’esquisser dans le désordre. Mais la liste est loin d’être close.

Pour en revenir à notre point de départ, „le couple franco-hongrois”, je concluerais assez sommairement que, en dépit de certaines divergences de comportement, les affinités me semblent malgré tout plus fortes: diversité dans le tissu social, primauté de l’individu sur la collectivité, acuité d’esprit, débrouillardise-inventivité (où les Hongrois sont des maîtres) et grande créativité.

Quel couple cela eût donné ! Et quel dommage que ça n’ait pas marché ! Vicissitudes de l’Histoire oblige (ah, Trianon!)... Je suis d’autant plus contrarié de voir la Hongrie tomber dans les bras de la plantureuse Germania que ses penchant naturels ne l’y portaient pas au départ, mais bien plus vers nous. (Réaction d’homme jaloux..) Le mouvement des peintres et poètes hongrois qui ont peuplé Paris au début du siècle précédent en témoigne. Mais, non, c’est désormais raté (surtout avec la mouvance politique actuelle...). Une consolation: ces jeunes ménages mixtes franco-hongrois qui semblent fonctionner à merveille. Leurs enfants, au moins incarneront cette symbiose tant rêvée.

Mais peut-être suis-je trop rêveur...

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