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Si j’évoque ces exemples, c’est parce que j’ai le sentiment - mais je peux me tromper - d’une tendance à nous renfermer dans nos petits mondes nationaux pour y garder en otages (au moins moralement) nos artistes "bien de chez nous”. Ceci en pleine "mondialisation” et à l’heure où la technique (Internet, retransmissions télévisées ) efface frontières et distances.

J’ai toujours été étonné de voir comme les compositeurs de la période fin XVIIIe jusqu’au milieu du XIXe siècle avaient la bougeotte et passaient leur temps à sillonner l’Europe. Et dans quelles conditions ! Je n’ose même pas y penser. Mise à part l’exception Schubert, tous voyagèrent sans répit. Les compositeurs d’opéra napolitains entre Vienne, Naples et Saint Petersbourg (7). Sans même parler de Mozart.  Certes, la conscience nationale était encore balbutiante et n’allait s’éveiller que quelques décennies plus tard (mis à part le cas de la Révolution française, qui eut d’ailleurs ses compositeurs attitrés).  Donc des Européens avant la lettre (8).

Dans la campagne officielle lancée par le gouvernement hongrois pour le bi-centenaire, je lis "Liszt, citizen of the world”, la version hongroise étant plus précise: „Liszt, a magyar világpolgár” (citoyen hongrois du monde). J’applaudis.

Mais, au-delà, il m’est fréquemment arrivé de tomber dans le métro de Budapest sur une affiche dont j’ai oublié le slogan (dommage, j’aurais dû noter), mais qui, en gros, expliquait que par lui, le génie hongrois serait révélé au monde entier. C’est là le discours typique qui a tendance à m’irriter. Le génie de Liszt, tout comme celui de Beethoven, de Schumann, de Verdi ou de Bizet, ne vaut que par lui-même. Né aux confins (aujourd’hui intégrés) du Burgenland, il grandit plus près de Vienne - où son père l’envoie à l’âge de 11 ans - que de Budapest. Certes, il fréquente très  jeune Pesth où il donne ses premiers concerts, mais c’est finalement à Paris qu’il se rendra pour y perfectionner son art (néanmoins refusé au Conservatoire par cette chipie de Cherubini...) Bon, je ne vais pas refaire une biographie de Liszt, dont je connais d’ailleurs fort mal les pérégrinations. Mais, même s’il fut indéniablement influencé par sa culture nationale hongroise et même s’il termina ses jours à Budapest, son art du piano s’est développé sous l’influence des „Allemands”, élève de Czerny qui fut lui-même l’élève de Beethoven.

Natalie Dessay dans La fille du régiment de Gaetano Donizetti (photo: http://thestar.blogs.com)

Dans un tout autre genre, il m’est arrivé de lire sur une affiche parisienne (éditée par l’Institut hongrois de l’époque): "Andrea Rost, la soprano la plus adulée au monde”. Rien que ça ! Voilà qui représente à me yeux le comble de la bêtise. Tout d’abord parce que c’est faux (sans rien retirer à ses mérites), mais aussi parce que cebesoin de hit parade est contraire à l’esprit de la musique.  A notre époque où les études sont de plus en plus poussées, les concours de plus en plus durs et la concurrence nombreuse, pourquoi vouloir établir un "classement”, comparer les exploits, comme dans une compétition sportive? A l’heure qu’il est, je crois que nous pourrions citer au minimum une bonne vingtaine de chanteuses, sopranos ou mezzos, qui peuvent être considérées comme de haut niveau international (dont l’Italienne Cecilia Bartoli). Et que dire des pianistes ! Dans cet art, les Hongrois brillent ou ont brillé incontestablement (d’Annie Fischer à Kocsis, Ránki et Schiff en passant par Cziffra et Géza Anda). Mais n’oublions pas les Roumains Dinu Lipatti, Radu Lupu ou la délicieuse Klara Haskil. Les sopranos roumaines Ileana Cotrubas ou Angela Gheorghiu. En direction d’orchestre, je pourrais citer une foule de dirigeants hongrois, de Solti aux deux Fischer en passant par Széll, Ormandy, Reiner et Fricsay. Mais...., et les autres ? Rien que pour faire un petit cocorico: nos pianistes Hélène Grimaud et Michel Dalberto, inoubliable dans Schubert, avant eux Alfred Cortot, Sanson François ou Yves Nat, ou encore des chefs comme Georges Prêtre (choisi par Maria Callas!), Charles Munch, André Cluytens ou Jean-Claude Casadesus, sans parler de Pierre Boulez. Ou de „notre„ Natalie Dessay, régulièrement invitée du Met.

Qui, de Hongrie, connaît vraiment leur noms ?

Restons donc modestes, chacun de notre côté, et considérons tout ce monde comme une "famille”  rassemblée autour d’un même amour, celui de la musique, par delà ses origines.

(Une anecdote qui m’avait un peu choqué. En décembre 2009, une série de concerts fut organisée sur une seule  journée à l’Académie Ferenc Liszt de Budapest, en guise d’adieu, la salle devant être fermée pour travaux. Au programme: les neuf symphonies de Beethoven jouées quasiment d’affilée du matin au soir sous la direction de Zoltán Kocsis. Ce fut une journée inoubliable et, malgré la fatigue des musiciens, l’interprétation fut exemplaire. Rarement je n’ai entendu un orchestre si inspiré. Je fis part de mon enthousiasme à une amie hongroise qui y avait aussi assisté. Lui exprimant mon admiration pour le jeu de l’orchestre et pour la beauté de ces symphonies. Sa  remarque en retour: "Nous sommes les seuls au monde à savoir faire cela!” Et rien sur Beethoven, rien sur les symphonies et leurs interprétations !!  J’en fus écoeuré. Voilà un cas bien typique de cette fierté mal placée, malheureusement  ici assez répandu, comble de la bêtise. L’exploit national avant tout.  Le reste, la prestation artistique: passe après !!)

 

_________________________

(7) Férue de littérature, de philosophie et de musique et ouverte au monde occidental, Catherine II invitait régulièrement des compositeurs à sa cour, essentiellement auteurs d’opera italiens, tels Cimarosa, Paisiello ou l’Espagnol Martín y Soler (dont je recommande vivement l’écoute).

(8) pour preuve que le sentiment national était à relativiser: Mozart, aujourd’hui considéré comme Autrichien par excellence, était né dans une ville, Salzburg, qui relevait alors, non de Vienne, mais du Saint empire germanique.  Sans parler de Beethoven, issu d’une Rhénanie sous influence française (il était un fervent adepte de la Révolution et suivit même, comme Goethe, des cours à Strasbourg) qui vécut à Vienne et fréquenta des familles de la noblesse hongroise...

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