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„Les musicologues sont des gens  qui peuvent lire la musique, mais non  l’entendre”, disait Sir Thomas Beecham. Boutade qui m’est revenue à l’esprit suite à une récente lecture. Lors d’une visite à Paris, je m’étais procuré au Quartier latin un bouquin d’occasion dont le titre m’avait attiré: „Mozart et ses masques”, recueil de sept textes rassemblés par Anne Rey sur Mozart. Idée originale et séduisante, aussi m’y étais-je aussitôt plongé. Et là, quelle déception! Après, il est vrai,  un brillant départ sur un texte de Stendhal – où l’on retrouve la plume du grand écrivain – ce fut pratiquement une suite d’élucubrations, à l’exception peut-être d’E.T.A. Hoffmann, lui-même musicien. Les autres, d’illustres inconnus - du moins à mes yeux - prétendant s’y entendre. Une autre exception, peut-être: Eduard Mörike, mais dont l’imagination par trop fertile n’a rien trouvé de mieux que d’impliquer le couple Mozart dans une histoire abracadabrante, certes palpitante et habilement narrée, mais à dormir debout.

Tout cela, non pas pour commenter l’ouvrage en question, mais pour prier, par pitié, qu’on laisse nos musiciens reposer en paix. Il me semble que la musique se suffit à elle-même sans besoin d’être explicitée. C’est précisément là où réside son charme, sa magie: transmettre l’ineffable par un contact direct „du coeur au coeur”, comme écrivit un jour Beethoven (1). Bref, à quelques exceptions près, non pas une distraction pour intellectuels au cerveau surmené, mais tout bonnement un moyen d’expression directe ouvert à quiconque est capable de ressentir une émotion. Il est vrai qu’existe une musique à programme dont nous connaissons maints exemples, en quel cas le compositeur se sera lui-même chargé de nous présenter son „programme” sans qu’il soit besoin d’y ajouter quoi que ce soit. On pourra nous citer également les cas du lied, de la musique d’opéra ou de la musique religieuse. Mais ici, encore, le texte se suffit à lui-même, que la musique se borne à souligner, à mettre en valeur, voire à transcender pour mieux en faire ressentir la profondeur (chorals de Bach, Lieder de Schubert, opéras de Mozart)..   

Parmi les commentaires lus dans l’ouvrage cité, revient à plusieurs reprises, en autres perles, le sentiment d’entendre  des chants d’oiseau à travers la musique de Mozart. Il est vrai que les Mozart hébergeaient chez eux un adorable petit sansonnet en cage, mais franchement, je ne vois pas le rapport. Et les exemples du genre de foisonner dans la littérature, certains bien connus, comme cet illuminé – était-il à jeun? - qui voyait dans le mouvement d’une symphonie de Beethoven un combat de cavalerie et d’infanterie! Plus connu et peut-être moins choquant, nous pourrions encore citer le cas de cette „Sonate au Clair de lune”, composée sans aucun rapport avec le sujet et dont l’appellation, attribuée bien plus tard, eût sans doute fait bondir Beethoven. Pauvre Beethoven, lui qui n’est plus là pour protester... ce qui vaut d’ailleurs mieux pour lui.

Au-delà  de ces considérations, c’est parfois à la personnalité même du musicien que s’en prennent musicologues et  biographes. Sans parler du film Amadeus, je citerai, pour en revenir à l’ouvrage cité, cet auteur qui met carrément en doute l’amour que pouvait porter Mozart vis-à-vis de son épouse Constance. Mais de quel droit, Monsieur? Pour qui aura lu la nombreuse correspondance du couple Mozart, la chose ne fait point de doute. Même s’il a pu avoir quelques petits écarts - encore qu’on en n’ait pas la preuve - ou petits coups de coeur inoffensifs vis-à-vis de telle chanteuse, Mozart éprouvait pour Constance, bien plus que de l’affection, un véritable amour, dont il n’hésitait pas à  se réclamer. Se souciant constamment de sa santé, lui donnant des surnoms affectueux, lui adressant de ces petites phrases anodines, mais touchantes, qui font la complicité dans un couple (2), allant même jusqu’à lui faire par moments des petites remontrances de jalousie. Les Mozart qui eurent six enfants (dont quatre morts à la naissance ou en bas âge) en neuf ans! Si cela ne suffisait pas, j’invite quiconque mettrait en doute ces sentiments profonds à réécouter, dans les Noces de Figaro, le charmant duo entre Suzanne et Figaro qui précède le final: petite scène de jalousie enchaînée sur un air de réconciliation on ne peut plus touchant. Seul un coeur aimant pouvait écrire pareille musique!    

Mozart par son beau-frère Lange

Probablement son plus fidèle portrait...

Il est vrai, pour en revenir aux remarques plus ou moins fantaisistes émises sur les intentions d’un compositeur, que, lorsque nous écoutons une oeuvre, notre esprit ne peut s’empêcher de vagabonder, bercé par les sons. C’est ainsi qu’à l’écoute des concertos de Mozart, j’ai par moments le sentiment d’entendre comme un dialogue entre le piano et l’orchestre, sorte d’épanchement discret, de confidence. Mais cela, en mon for intérieur, pour moi-même, et je me garderais bien d’en faire étalage. Et chacun de nous de ressentir pareils instants. Car, malgré quelques incartades et remarques plus qu’osées glanées dans certaines lettres – mais adressées à une cousine délurée – Mozart, sous ces extérieurs, était en réalité d’une nature pudique, plutôt discrète, pour ne pas dire secrète. Ce qui ressort clairement d’une excellente étude de Gil Delannoi parue sous le titre „Mozart, ou le génie de la discrétion” dont j’aimerais citer un passage: „Qu’est-ce que nous cache en partie le sourire et le rire de Mozart? Sans doute le trait  général de tout Mozart: sa discrétion. «Mozart ne parle qu’à demi et le public n’entend plus que les cris», notait Gide”. Tout le contraire du personnage de Formann.

Pour en revenir à notre propos initilal, si la musique se suffit à elle même et se passe de tout commentaire, il en va autrement de son interprétation. Pour le coup, les commentaires sur la façon dont tel ou tel aborde et nous restitue une oeuvre peuvent s’avérer riches d’enseignement. D’autant que, malgré les rigueurs de la partition, il existe mille manières d’aborder une oeuvre. Il suffira, par exemple, de se référer au contraste entre un Furtwängler et un Toscanini dans leur interprétation des symphonies de Beethoven. Il ne faudrait pas pour autant que l’interprète, à force de vouloir imposer son empreinte, finisse par faire ombre au compositeur. Les plus grands étant ceux qui, par leur talent, en arriveraient presque à se faire oublier pour nous mettre, si je puis dire, en prise directe avec l’oeuvre jouée (Pollini chez Beethoven, Brendel chez Schubert, Perahia chez Mozart).  C’est là où réside tout le secret de leur art, de leur talent.

La musique, donc, et rien que la musique. Par pitié, sachons respecter ceux qui nous en ont fait le merveilleux cadeau et contentons-nous de la goûter, de l’apprécier en silence. Le plaisir n’en sera que plus grand.

PW – octobre 2017

 

(1): écrit en marge du Sanctus de la Missa solemnis.  Remarque reprise par J.C. Casadessus dans le titre de son livre: „Le plus court chemin d’un coeur à l’autre”.

(2): exemple: ” Je dépose 103 427 petits baisers sur le petit bout de ton petit nez”. „Ma petite femme chérie adorée, mon coeur, ....... Oh mh! Mhhh! Je t’embrasse 1095060437082  fois (là, tu peux t’exercer à lire à haute voix) et suis à jamais ton très-fidèle-époux-et-ami...”

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