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Si je vous dis „6 octobre”, vous n’aurez probablement rien à me répliquer, sinon, tout au plus, la naissance du Moulin Rouge (1889). Une institution au demeurant tombée bien bas, davantage fréquentée aujourd’hui par des touristes de passage en mal d’encanaillement , sans rapport avec sa gloire d’antan.

Pour les Hongrois, c’est un bien autre son de cloche que suggère cette date. C’est en effet un 6 octobre que l’occupant autrichien procéda en 1849 à l’exécution de 13 généraux hongrois, suite à la défaite de ces derniers lors de la Guerre d’Indépendance menée par leur peuple (1848-49). Le drame se déroula à l’aube dans la ville d’Arad (Transylvanie): 4 fusillés, les autres pendus. Ceci sous la coupe du général Haynau, de sinistre mémoire, empressé de suivre avec zèle les consignes de son nouvel empereur, le tout jeune François-Joseph.

Quelle faute, quel crime  avaient donc commis les Hongrois? Tout simplement celui de vouloir décider par eux-mêmes de leur sort.

Tout débuta les 15 et 16 mars 1848. Encouragés par les soulèvements de Paris, Naples et Palerme (février), puis de Vienne (mars), des intellectuels et étudiants se réunirent dans un café de Pest pour adresser à l’empereur Ferdinand une revendication en 12 points. Dont l’abolition de la censure, l’instauration d’une Banque et d’une monnaie nationales, la mise en place d’une Garde nationale ou encore la convocation d’une Assemblée nationale – la Diète siégeait alors à Presbourg - à Pest. Parmi eux, un tout jeune poète de 25 ans déclama en public une harangue intitulée „Chant national (Nemzeti dal)”. Poème connu par coeur de tout Hongrois, enfants compris, qui se respecte. Le poète en question s’appelait ... Sándor Petőfi  (1).

Si l’usage fait débuter par cet événement la révolution de 1848 (2), ce ne fut pas sans antécédents. Dès les années 1830, des nobles et esprits éclairés s’étaient prononcés pour des réformes et une société libérale, allant jusqu’à prôner l’abolition de certains privilèges.

Ce qu’il convient de retenir: dès le 23 mars fut mis en place un gouvernement national. Cabinet dirigé par le comte Lajos Batthyány regroupant des personnalités renommées et respectées, pour certains issus de la haute noblesse (3). Un cabinet qui fut vite confronté à des difficultés et dissensions croissantes, de sorte qu’il se vit contraint de démisionner pour disparaître définitivement le 2 octobre suivant. Le relais fut repris par un Comité de Défense nationale placé sous la conduite de Lajos Kossuth, qui se replia en province (Debrecen).

Une révolution dont les tenants et aboutissants ne furent pas simples, entre autres par la présence de minorités, Slovaques, Roumains, Serbes et Croates, enclines à profiter de la situation pour conquérir quelque autonomie. Autonomie dont jouissaient déjà les Croates, certes, mais qui prirent néanmoins le parti de s’allier à Vienne. Avec l’empereur Ferdinand, également, les relations se révélèrent hasardeuses, ce dernier alternant concessions et rejets. De sorte que, taxé de faiblesse, il dut abdiquer en faveur de son neveu qui monta sur le trône le 2 décembre sous le nom de François-Joseph.

Une situation d’autant plus confuse qu’entre temps, à l’instigation de Kossuth, avait été montée une armée nationale forte de 200 000 recrues (Honvéd). Véritable déclaration de guerre formulée dans un discours enflammé demeuré célèbre (11 juillet). Guerre d’Indépendance (Szabadságharc). qui débuta par une première bataille engagée le 29 septembre. Un long conflit qui dura près d’un an, alternant succès et revers. De plus, dans lequel intervinrent des éléments étrangers, notamment polonais, aux côtés des Hongrois. Toujours est-il que, les armées du Ban de Croatie Jellačič aidant, mais surtout grâce à l’intervention décisive du tsar Nicolas Ier, les Hongrois durent capituler le 13 août, défaits par des troupes russes en supériorité écrasante (4)

Notre propos n’est pas ici de nous étendre sur une page d’Hitoire particulièrement mouvementée et douloureuse dont l’analyse dépasse largement nos compétences. Des ouvrages entiers y sont consacrés, que le lecteur pourra éventuellement consulter. Nous bornant davantage à en tirer quelques constats.

Sur la personnalité de François-Joseph, tout d’abord. Un jeune empereur, à peine sorti de l’adolescence, qui fit preuve face aux événements d’une fermeté hors du commun. Une réaction qui pourrait susciter chez certains une touche d’admiration. Mais qui ne fait que confirmer pour notre part les doutes que nous aurons par la suite sur sa personnalité. Car si, vieillesse et drames familiaux aidant, il se vit forger sur le tard la réputation d’un bon souverain paisible, il n’en demeura pas moins tout le long de son règne frappé d’une obstination alarmante, notamment dans sa phobie quasi maladive des Hongrois. Ces derniers, d’ailleurs,  le lui rendirent bien (5). Quitte à extrapoler, nous pourrions presque ébaucher un parallèlle avec son allié le tsar Nicolas Ier dont le règne débuta avec l’impitoyable répression contre les décembristes (1825). Lui que l’on qualifiait „d’un grande droiture et garant de l’absolutisme” (tiens!).

Mais c’est aussi et surtout sur la personnalité de Lajos Kossuth et les conflits internes qui s’ensuivirent au sein de la direction hongroise qu’il conviendrait de glisser un mot rapide. Kossuth, à l’origine journaliste et orateur hors pair, savait enflammer son public. Une personnalité tranchée aux idées radicales, révolutionnaire convaincu, Kossuth était fermement opposé à toute idée de compromis. Ce qui allait par la suite l’opposer à son rival Deák, duel dont ce dernier devait sortir victorieux avec le Compromis de 1867. Une démarche certes louable et courageuse, mais également suicidaire. Nombreux furent ceux qui, à l’époque, par son intolérance, le rendirent en partie responsable de l’échec. Par ailleurs, un homme autoritaire qui, par son comportement, ne se fit pas que des amis. Il finit en exil pour mourir à Turin, rejeté par la France et l’Angleterre. Parmi les erreurs parfois reprochées à Kossuth: son attitude presque méprisante vis-à-vis de certaines minorités (notamment les Slovaques) qu’il n’aurait eu pourtant pas de de mal à se concilier. L’effet fut inverse. On en connaîtra plus tard une triste conséquence avec Trianon. Aujourd’hui encore, la question „Kossuth ou Deák?” est encore bien présente dans les esprits et continue à susciter de vifs débats.     

Pour conclure et revenir à notre propos inititial, on comprendra aisément l’émotion que suscite aujourd’hui en Hongrie le drame du 6 octobre. Sans compter que, le soir même fut également procédé à l’exécution de l’ancien président du Conseil Lajos Batthyány (après une tentative échouée de suicide). 1848: une révolution qui, près d’un siècle plus tard, allait être suivie d’un autre soulèvement contre un nouvel envahisseur, venu, lui, de l’Est. Si le drame de 1956 est connu de tous, il convenait d’évoquer – au moins une fois – cet autre drame qui témoigne du destin tragique de ce peuple qui montra pourtant tant de fois par le passé son courage et sa détermination.

 PW – 6 octobre 2017

(1): „Debout, Hongrois, la patrie t’appelle/L’heure est venue, maintenant ou jamais/Libres serons-nous, ou bien esclaves?”  (traduction libre PW).

(2): le 15 mars constituant l’une des trois journées déclarées fêtes nationales en Hongrie.

(3): dont le comte István Széchenyi et le baron József Eötvös, ou encore Lajos Kossuth, Ferenc Deák et le prince Pál Esterházy.

(4): Petőfi tomba au combat à l’âge de 26 ans près de Segesvár (Sighişoara). On n’a jamais retrouvé son corps. Disparition qui fit l’objet de nombreuses légendes.

(5): losrqu’au début des années quatre-vingt-dix, suite au changement de régime, les différents ponts et axes de la capitale reprirent leurs anciens noms, seul le „Pont François-Joseph” ne fut pas rebaptisé pour demeurer „Pont de la Liberté”. No comment....

 

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