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Créé en janvier 1835 à Paris quelques mois seulement avant sa mort à l’âge de 34 ans, les Puritains de Bellini passe pour être, sinon le meilleur de ses opéras, du moins le plus accompli. Le compositeur, qui venait de s’installer à Paris (1), prit un soin particulier à l’écriture de cette dernière oeuvre, où se fait sentir l’influence de l’opéra français. Les critiques en louent généralement la qualité de la partie orchestrale, particulièrement soignée, „affranchie de la dictature de la voix” (2), mais en déplorent tout en même temps la médiocrité d’un livret peu adapté. Servie dès l’origine par des chanteurs de premier plan, l’oeuvre connut d’emblée un vif succès. Si, après avoir été ensuite longuement mise en quarantaine (3), elle figure à nouveau au répertoire, elle n’est néanmoins donnée que relativement rarement, en raison de la difficulté d’une écriture vocale qui exige des chanteurs une parfaite maîtrise, tels les couples Callas-Di Stefano ou Sutherland-Pavarotti qui l’ont fait connaître par le disque.  

  

Le livret: toujours cette même histoire d’amour entre lui (Arturo) et elle (Elvira) issus de clans opposés, les Stuart et les Puritains dans l’Angleterre du XVIIème siècle, à l’époque de Cromwell. Avec son incontournable scène de folie, comme il se doit. Et, comme de règle, notre belle Elvira croyant injustement à l’infidélité de son cher Arturo, malentendu entretenu par les basses manigances d’un vilain soupirant jaloux (d’où la scène de démence). Une intrigue enchevêtrée qui s’achèvera de justesse, après condamnation à mort du héros, sur un happy end, grâce à la victoire et l’intervention – amnistie - du gentil Cromwell (ouf!).

C’est en version scénique allégée que l’oeuvre nous fut servie au Palais des Arts de Budapest, dans une distribution internationale (représentant non moins de cinq nationalités (4)). Avec, dans les deux rôles principaux, deux artistes déjà parfaitement rodés, notamment la soprano anglaise Jessica Pratt, pratiquement „spécialiste” du rôle (Elvira) qu’elle a déjà à maintes reprises interprété sur la scène internationale; son partenaire, le ténor sarde Francesco Demuro, n’étant pas en reste, connu pour ses prestations dans la Traviata (Alfredo), Rigoletto (le Duc de Mantoue) ou encore la Bohême (Rodolfo), applaudies entre autres à la Scala et au Metropolitan..  

Une version scénique simplifiée, donc, pour laquelle le metteur-en-scène (Csaba Némedi) a choisi de transférer l’action dans les années 1970. En hommage, nous dit-il (5), à Maria Callas - disparue voici 40 ans cette année. La Callas qui, après un bon siècle d’absence des plateaux, avait remis l’oeuvre de Bellini au goût du jour. Au-delà de cet hommage, l’initiative de Csaba Némedi nous semble surtout heureuse dans la mesure où, débarrassant l’oeuvre de son attirail d’époque pour le moins lourd et encombré, il contribua à nous la rendre plus digeste. Nous permettant ainsi de nous concentrer davantage sur la musique. Prenant du même coup quelque distance avec une intrigue compliquée, voire par moments incohérente. Il est vrai que Bellini, lui-même peu satisfait de son librettiste, ne portait pas un grand intèrêt au contexte historique, n’y voyant que prétexte à déployer toute la gamme des sentiments et passions. Ce qu’il réussit fort bien.

Et qui nous fut servi à merveille par une équipe de haut niveau. A commencer par la soprano Jessica Pratt absolument admirable dans le rôle d’Elvira, auquel, il est vrai, elle est bien rodée. Un rôle particulièrement difficile et exigeant dont elle s’est tirée avec brio. Notamment dans des aigües tenues sans aucune agressivité, bien au contraire, le tout chanté tout en nuances et apparemment avec aisance. Même remarque pour son partenaire Arturo, tenu par le jeune ténor Francesco Demuro, tout aussi à l’aise dans une partition pourtant truffée des pièges avec des notes parfois tenues dans les registres extrêmes de la voix. A leurs côtés, une mention particulière revient au baryton russe Alexeï Makov (Ricardo, le vilain rival jaloux) et au Hongrois Miklós Sebestyén (Lord Walton, le gentil papa), tous deux également irréprochables, à la voix chaude, agréable.

     

Une mention spéciale revient également aux choeurs, très sollicités, parfaitement à l’unisson et tout en nuances. Venant d’un opéra de province à l’effectif limité (ville de Kolozsvár - Cluj en roumain - en Transylvanie), la moitié d’entre eux sont, paraît-il (5) appelés à jouer également les rôles de solistes sur la scène locale, et ce du grand opéra au musical en passant par l’opérette. Un métier solide, donc, que l’on a bien ressenti ce soir. De plus, tout ce petit monde jouant fort bien, dans une mise-en-scène, des costumes et un décor dépouillés.

Encore un mot pour l’orchestre, dirigé ce soir par l’Italien Riccardo Frizza. Un orchestre (Pannon Filharmonikusok) venu, comme les choeurs, de province (ville de Pécs) et pourtant de haut niveau: belles sonorités chaudes, au demeurant fort bien servies par l’acoustique de la salle. Un orchestre dont nous avions déjà dit le plus grand bien, notamment à l’occasion d’un concert Brahms donné en janvier dernier dans cette même salle.

Une belle soirée, donc, dont le succès fut confirmé par les longues ovations du public dans une salle pleine. Seule une très légère réserve, encore que l’idée soit louable: cette Maria Callas, incarnée par la danseuse Alessia Popova, qui intervient constamment entre les chanteurs et choeurs, de façon relativement discrète, certes, mais sans que cela nous semblât vraiment indispensable. En tous les cas, une initiative courageuse et heureuse des organisateurs, du metteur-en-scène et de toute l’équipe pour avoir ainsi eu le courage de faire revivre et mettre au goût du jour une oeuvre souvent boudée, pourtant si belle, du moins au plan musical. Une „mission”, disent-ils, mission accomplie, et avec brio.

PW – 19 mai 2017      

 

(1): voisin de Chopin, chez qui il fréquenta également Rossini qui l’encouragea à écrire son opéra. Rossini, soutien fidèle qui accompagnera le cercueil aux funérailles de Bellini et lancera une souscription pour faire édifier sa tombe au Père-Lachaise.

(2): Piotr Kaminski („Mille et un opéras”)

(3): pratiquement disparue de la scène des années 1850 (concurrence de Verdi et Puccini) au début des années 1950 (reprise avec la Callas).

(4): outre les Hongrois Gábor Bretz et Miklós Sebestyén, un Italien (Francesco Demuro), une Anglaise (Jessica Pratt), un baryton russe (Alexeï Markov),et  un Vietnamien (Ninh Duc Hoang), sans compter le chef italien  (Riccardo Frizza) et des choeurs venus tout droit de Transylvanie (Kolozsvár/Cluj).

(5): Entretien public avec le metteur-en-sène et le chef des choeurs, organisé avant la représentation

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