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On évoque parfois, dans le monde de la musique, les „trois grands «B», à savoir Bach, Beethoven et Brahms”. Jugement flatteur vis-à-vis de Brahms qui était d’ailleurs le premier à s’insurger quand on le qualifiait de „successeur de Beethoven”. Ce qui n’empêche que, si effectivement ses deux illustres prédécesseurs, géants de la musique, revêtent une autre dimension, on peut malgré tout ranger sans hésitation Brahms parmi les plus grands.

Après avoir, pour nous en tenir aux „géants”, consacré des journées à Bach, Beethoven et Mozart, il était donc normal que Brahms figurât au programme de ces marathons musicaux organisés chaque année à Budapest. D’autant que les Hongrois le doivent bien à l’auteur des célèbres danses hongroises.

Le marathon musical, une manifestation organisée en chaque début d’année depuis 2008 sous l’impulsion du chef Iván Fischer en liaison avec le Palais des Arts de Budapest (Müpa). Outre les noms que nous venons de mentionner, des marathons ont également été consacrés à Tchaïkovski, Dvořák, Bartók, Stravinsky, Schubert, Schumann et Mendelssohn. Il s’agit d’une journée de concerts non stop entièrement consacrée à  un compositeur donné. Organisés un dimanche à un tarif symbolique (1) pour toucher le plus grand nombre. Une manifestation qui remporte toujours un vif succès, les billets, mis en vente plusieurs mois avant son déroulement, étant écoulés en quelques jours à peine. Au programme: non moins de 11 concerts (6 concerts symphoniques et 5 récitals de musique de chambre). Le tout agrémenté d’une exposition, de six projections (gratuites) de concerts enregistrés (2), de tables rondes et d’une conférence (relations de Brahms avec le violoniste Joseph Joachim). Ajoutez à cela, comme si ça ne suffisait pas, 9 mini-concerts (musique, instrumentale, musique de chambre) par des élèves du Conservatoire (Académie Franz Liszt).

     

Johannes Brahms... Probablement l’une des personnalités les plus attachantes du monde de la musique, mais aussi les plus difficiles à cerner en raison de sa discrétion et de son caractère réservé. Un compositeur qui aura fait couler beaucoup d’encre, notamment autour de ses relations avec le couple Schumann. Des relations sur lesquelles on aura parfois un peu trop brodé. Certes, Brahms, qui fut un moment leur voisin à Düsseldorf et entretenait une profonde amitié avec le couple, nourrissait une affection  particulière vis-à-vis de Clara, l’épouse de Robert Schumann, éprouvant même un penchant non dissimulé à son égard. Mais des rapports qui semblent être restés confinés à des échanges épistolaires affectueux, certes, surtout de sa part - Clara se montrant plus réservée -, mais sans plus. N’oublions pas que Clara était de 14 ans l’aînée de Brahms. Clara qui, d’ailleurs, cessa tout échange avec lui après la mort de son mari (1856, Brahms n’avait encore que 23 ans..). Au plan musical, Brahms est parfois qualifié de „classique parmi les romantiques”. Expression à mon sens assez juste dans une période où certains rejetaient ouvertement le passé pour prôner un renouvellement des styles (3). C’est d’aillleurs dans ce sens qu’on le rapprochait de Beethoven.  

Pour ma part, ne pouvant assister à tous les concerts et en fonction des places disponibles, mon choix s’est porté sur le 1er concerto pour piano et la 4ème symphonie. Et bien évidemment sur le concert surprise (programme non révélé) par lequel Iván Fischer et l’Orchestre du Festival (BFZ) clôturaient la journée

C’est à la Philharmonie hongroise sous la baguette de János Kovács qu’était confiée l’exécution de la Quatrième symphonie (4). Non seulement l’un des sommets de son oeuvre, mais aussi – avec la Quatrième de Schumann – de l’ensemble de la musique symphonique de l’époque romantique. Composée et créée en Allemagne sous la baguette du compositeur (1885), Brahms nous y offre une oeuvre de structure très classique. Débutant (allegro non troppo)en douceur, presque avec tendresse („sur un thème caressant et sinueux” - Gil Pressnitzer), elle s’achève au contraire sur un dernier mouvement tendu (allegro „energico e appassionato”)constitué de variations sur un thème (chaconne) de Bach. Bonne interprétation, cette fois-ci jouée toute en nuances et fort bien dirigée. Avec quelques légères réserves, malgré tout: une sonorité par moments un peu sèche, notamment du côté des violons et, surtout, ces cors agressifs, comme je l’avais déjà constaté par ailleurs. Mais bon, il s’agit d’une fort belle oeuvre que nous réécoutons toujours avec le plus grand plaisir.

La partie soliste du Premier concerto pour piano était confiée au Hongrois Dénes Várjon accompagné par la Philharmonie de Pannonie (Pannon Filhármonikusok, orch. de la ville de Pécs) placée sous la baguette d’András Vass. Élève de György Kurtág et d’András Schiff, Dénes Várjon est un pianiste très en vogue en Hongrie. Pour ma part, j’en gardais un souvenir mitigé pour nous avoir souvent offert le meilleur, certes, mais aussi pour nous avoir parfois déçus. „En écoutant cette musique magistrale et profonde, on a peine à croire qu’elle soit l’oeuvre d’un compositeur âgé d’à peine plus de vingt ans” (Misha Donat). Première partition orchestrale de Brahms, le 1er concerto fut d’abord envisagé sous la forme d’une composition à deux pianos, puis symphonique avant de prendre sa forme concertante. Il fut composé dans de pénibles circonstances: l’effondrement de la santé mentale de son ami Schumann qui se jeta dans le Rhin (1854), en réchappa, mais ne se rétablit plus jamais jusqu’à sa mort deux ans plus tard. Un drame qui secoua particulièrement Brahms. Ce qui se ressent dans l’oeuvre, dédiée, bien que non explicitement, à son ami. Mais... sans oublier non plus Clara - dont on imagine la détresse. „Je peins un doux portrait de toi qui deviendra l’adagio”. Une oeuvre de longue haleine (50 minutes) qui déconcerta le plublic et fut même sifflée... Et pourtant si profonde et si belle! Grâce à Dieu, Clara Schumman, remarquable pianiste, en donnera plus tard une interprétation qui assurera le succès de l’oeuvre.

Sans être Clara Schumann (je parle du charme et non des talents de pianiste...), Dénes Várjon nous en servit ici une parfaite exécution. A la fois vive et sobre tout en même temps, sans en forcer les effets.Un jeu expressif, le pianiste restant tout au long de l’oeuvre concentré sur son piano sans geste superflu. Mais c’est peut-être à l’orchestre et à son chef que revient la palme. Une sonorité chaude et une direction exemplaire (placé juste derrière l’orchestre, je me trouvais face au chef dont je pouvais observer tous les gestes). Et il s’agissait pourtant d’une formation de province, mais qui n’a certainement rien à envier aux plus grandes formations de la capitale (l’Orchestre du Festival mis à part), voire d’Europe. Un nom à retenir: celui de son chef András Vass. Tout au long des cinquante minutes que dure l’oeuvre, je ne vis pas le temps passer.         

Petit intermède avant de filer au concert de clôture: le Premier Trio en Si majeur joué par des élèves du Conservatoire (Académie Franz Liszt). Une oeuvre que Brahms écrivit à peine âgé de 21 ans, qu’il remania près de quarante plus tard. Je retiendrai de l’interprétation deux passages particulièrement réussis: cette partie centrale du Scherzo (2e mvt) au rythme dansant, balançant, presque „swing” et ce merveilleux solo du violoncelle dans l’adagio (3e mvt).

Pour son concert surprise, devinez ce que nous a réservé Iván Fischer? Je vous le donne en mille. Des danses hongroises, bien évidemment! Etabli à Vienne, Brahms se produisit à plusieurs reprises à Budapest où il avait de nombreux amis (5). Avec sa série des danses hongroises, il nous ofrre l’une des oeuvres les plus „couleurs locales”, au point qu’elles sont les plus jouées dans les restaurants de Budapest. (Dire qu’à l’époque, un éditeur en refusa la publication! (6)) En partie composées à l’origine pour piano à quatre mains, elles furent orchestrées par différents musiciens. Outre cinq danses hongroises, l’orchestre interpréta également cinq autres pièces. Mais ce n’est pas tant par les oeuvres retenues que par leur choix qu’Iván Ficher étonna son public.

Chef universellement reconnu et metteur en scène à ses heures, Iván Fischer se révèle par ailleurs être un animateur hors pair. Avouant ne pouvoir établir un choix parmi des oeuvres que lui et ses musiciens aiment toutes, Iván Fischer, qui avait fait apporter l’ensemble des partitions orchestrales (ouvertures, symphonies, danses), proposa au public de faire lui-même son choix. Demandant à des auditeurs désignés au hasard de suggérer un choix, puis faisant voter la salle à mains levées. Non sans avoir demandé à l’orchestre d’en jouer au préalable les premières mesures pour nous permettre de juger. Résultat: deux mouvements de symphonies, le premier mouvement de la Quatrième et le troisième mouvement de la Troisième, et les danses hongroises nos 3, 5, 6, 11 et 21.  Pour compléter le tout, il nous fit interpréter par ses musiciens deux choeurs, au demeurant fort beaux et fort bien chantés (dont la fameuse „Sérénade du soir”), ainsi qu’une pièce inédite, la transposition par Schoenberg pour orchestre du dernier mouvement, rondo „alla zingarese”, de son 1er Quatuor avec piano en Sol. Qui  pourrait facilement passer pour une „22ème” danse hongroise. Une approche ludique et conviviale bien dans la nature du chef.

Un grand coup de chapeau aux musiciens pour cette aptitude à jouer „au pied levé”, sans préparation particulière, les morceaux ainsi choisis (le chef, pour sa part, dirigeant sans partition). Mais aussi et surtout pour la somptuosité de sa sonorité. Venant d’entendre quelques heures plus tôt la Quatrième par un autre orchestre (cf supra), j’ai ainsi pu faire la différence en réentendant son premier mouvement par les musiciens  d’Iván Fischer. Sans nul doute, cette formation, l’Orchestre du Festival de Budapest, louée par la presse internationale, figure désormais parmi les meilleures au monde. Cela se ressent sur tous les plans: la chaleur de sa sonorité, mais aussi, parfaitement rodés, cette impression de facilité que nous donnent ses musiciens à jouer dans tous les registres. Et répondant au quart de tour au moindre geste de leur chef.

Un beau concert, donc, pour clôturer dans une ambiance de fête cette belle journée consacrée à Brahms. Car c’est bien une véritable Fête de la Musique qui nous est offerte chaque année avec ces marathons. Mais aussi, cette année, le plus bel hommage que les Hongrois pouvaient rendre à Brahms. Ils le lui devaient bien!

Reste maintenant à savoir qui sera le prochain. Les paris sont lancés...  Haendel, Liszt, Chopin, Berlioz? Personnellement, je miserais sur Liszt.

 

PW- 23 janvier 2017

 

(1): cette année 990 forints, soit, 3,20 €

(2): Un Requiem allemand (Orch., Ch. Radio hongroise, H.Rilling), Rhapodie pour alto (Sara Mingardo, Orch. Festival de Lucerne)  Double concerto (G.Kremer, M.Maisky, Philh. Vienne, L.Bernstein), Concerto p. violon (G. Kremer, Philh. Vienne), Variations sur un Thème de Haydn, Ouv. Académique, ouv. Tragique (L. Bernstein, Philh. Vienne), Sonates pour violon (A.S. Mutter), Trio piano op. 101, Trio clarinette (enregt Metropolitan)

(3): dont Wagner qui se montra  peu cordial, voire malveillant à l’égard de Brahms.

(4): initialement prévue sous la direction de son chef permanent Zoltán Kocsis, disparu entre temps.

(5): à l’exception de son aîné Liszt, à qui le jeune Brahms rendit visite à Weinar, avec qui le courant ne passa pas.  

(6): Brahms fut même accusé de plagiat  par son ami hongrois, le violoniste Reményi (reproche qui sera aussi fait plus tard à Béla Bartók).

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