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Parisien de naissance, mais résidant à Budapest, je ne me lasse pas d’être surpris chaque fois que je retourne dans ma ville natale.

Première surprise: tout le monde y parle français, ce qui me fait immanquablement sursauter lors de mes premières sorties. Autre dépaysement: le côté bigarré et mélangé de la population, ce que je prends (n’en déplaise à certains) pour un atout. Et aussi ce „Bonjour” du conducteur d’autobus ou ce „Merci, bonne journée” de la caissière, plutôt rares (pardon!) dans mes expériences budapestoises.

Mais ce qui me surprend et m’amuse peut-être le plus est de voir toutes ces kyrielles de cyclistes et motocyclistes sillonner en tous sens les rues de la capitale. Ça, j’adore ! J’avoue que, par endroits (place de la Concorde), le spectacle m’impressionne. Un véritable ballet! A en oublier que j’en faisais moi-même partie lorsque j’étais encore parisien, voici une dizaine d’années.

Mais depuis, la fièvre de la petite reine s’est développée à vitesse grand V. Le coupable: Vélib, ce vélo en libre service mis en location par la municipalité(1). Un système qui n’est d’ailleurs pas une trouvaille parisienne (inventé, je crois, par les Danois, puis développé dans des métropoles aussi diverses que Barcelone, Montréal et Londres, sans parler de la Hollande et des pays scandinaves) (2). Mais que l’on n’est pas prêt de voir dans les rues Budapest, nettement plus fournies en opulentes berlines et 4x4 qu’en deux cycles, mis à part quelques livreurs de pizzas. Et pourtant...

Et pourtant.., il se trouve que ces quelque 20 à 30 000 vélos qui sillonnent nos rues parisiennes (sur plus de 100 000 parcours quotidiens) nous viennent précisément de Hongrie. La Hongrie ... où l’on n’en trouve pas trace. Un paradoxe, du moins pour moi qui aurais cru que, dans un pays où précisément le pouvoir d’achat moyen est faible, le recours aux deux roues n’en serait que plus répandu. Ça l’est, certes, dans les campagnes, mais absolument pas dans la capitale. A cela mille raisons qu’il serait fastidieux de développer ici, à commencer par cette revanche que constitue la voiture contre la frustration des années du socialisme et, avec l’apparition des nouveaux riches, ce symbole (trompeur) de statut et de réussite qu’elle constitue. Certes, le phénomène n’est probablement pas propre à Budapest et je ne serais pas surpris qu’il en soit de même à Varsovie, Bucarest ou Sofia.

Un bon point, par contre, pour le constructeur „hongrois” du vélib (3): ces vélos me semblent d’excellente qualité, solides, sans parler de leur esthétique qui me séduit. Une bonne affaire pour ledit fabricant: la Ville de Paris aurait, paraît-il, largement sousestimé le nombre des vols. Donc des commandes en plus, ce qui me réjouit pour la main d’oeuvre hongroise...

Ce n’est pas la première fois que des Hongrois sévissent sur le marché parisien du deux roues. Dèjà à l’époque du vélosolex, c’est un Hongrois qui en avait repris la licence au moment où sa production battait de l’aile „à l’ouest” (1998). Malheureusement (et quel domage!) pour peu de temps. Ce solex qui, au même titre que la 2CV, aura marqué ma jeunesse et symbolisera à tout jamais une période, un esprit de convivialité et de simplicité bien révolus.

***

Simplicité? Parlons-en, justement !

Quand je vois ces Parisiennes et Parisiens de tous milieux – étudiants, cadres, ménagères - virevolter, slalommer agilement sur leur vélo, l’attaché-case ou le sac à main dans le panier, la cravate ou le foulard au vent, je ne peux réprimer une petite satisfaction un peu chauvine: après tout, pas si arrogants ou snobs qu’on veut bien le dire, ces Parisiens ! (A moins que certains y voient précisément une nouvelle forme de snobisme?)

Et quand je vois, par ailleurs, ces longues files de voitures (souvent de grosses berlines) qui encombrent les belles artères de Budapest avec pour seul accompagnement quelques motos de grosse cylindrée, mais bien rarement un scooter, vélo ou vélomoteur, je vous avoue me sentir un peu frustré. Cycliste moi-même, je reconnais retrouver de nombreux adeptes du vélo lors de mes sorties de week-end sur les berges vertes du Danube (par ex. direction Szentendre), mais ce sont là des cyclistes „du dimanche”, bien sympathiques, certes, mais qui laisseront leur vélo au garage toute la semaine durant. De même que, Parisiens, nous avons nos cyclistes des Bois de Boulogne et de Vincennes, voire les immenses pelotons de Longchamp.

Mais ici, c’est de tout autre chose qu’il s’agit: considérer le deux roues (vélo, qu’il soit loué ou non, et mobylette) comme moyen de déplacement utilitaire. Et bien non, la greffe ne prend apparemment pas...

Et si, maintenant, la municipalité de Budapest lançait un système anologue à notre Vélib ? Même avec des tarifs plus qu’abordables, voire subventionnés, je reste persuadé que ce serait un flop (sans compter les vols). Question de mentalité. Mais peut-être me trompé-je.

Et si, pour continuer mon rêve, on y lançait la voiture (électrique) en libre service (notre toute jeune Autolib). Alors là, pour le coup, je crains de tomber dans l’utopie la plus totale. Cet instinct (presque animal) de propriété et cette fierté d’appartenance à une marque, presque une „écurie” („la mienne est la meilleure!”), si fortement ancrés dans nos moeurs sont peu à peu en voie de s’estomper dans nos régions de la „vieille Europe”. Mais de là à l’envisager chez les „nouveaux venus” de l’Est (pas si „nouveaux que cela..), je n’y crois pas, du moins dans le contexte actuel.

Et pourtant, c’est bien de Hongrie que nous viennent ces beau vélos qui font le bonheur quotidien de mes compatriotes parisiens (4).

Situation assez paradoxale, sinon cocasse, vous avouerez...

PS: à la décharge de cette désaffection vis-à-vis du cycle en ville, j’invoquerai, pour Budapest, l’agressivité et le manque de tolérance de la part de nombreux automobilistes. Certes. Mais n’est-ce pas justement en multipliant notre présence (cyclistes) sur „leur” chaussée que nous finirons par les habituer (de force), pour ne pas dire par les dresser? C’est exactement ce qui s’est passé à Paris où, il y a encore peu (15-20 ans), il ne faisait pas si bon de circuler à vélo.

________________________________

(1): la gestion en étant confiée à un groupe privé (JCDecaux)

(2): une première expérience avait été lancée, mais à petite échelle, à La Rochelle dans le milieu des années soixante-dix.

(3) en fait la filiale d’une société néerlandaise (Accel) sur une conception de l’équipementuer français Lapierre (implantée dans le petit village de Tószeg, non loin de Szolnok, dans le centre du pays).

(4): 112 millions de trajets depuis sa création en juillet 2007, plus de 200 000 abonnés aujourd’hui.

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