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Bíró Ádám blogja

Bíró Ádámmal készült interjúnkat itt olvashatod. A cikk alján pedig a Klubrádióban vele készült interjút találod.

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Photo: Julie Biro

Même si les sujets « sérieux » me taraudent, je v(n)ous offre trois blagues comme cadeau et aussi comme encouragement. Commençons l’année en riant, ne devenons pas, malgré l’ambiance générale, des agélastes détestés par Rabelais,ceux qui ne rient pas, qui n'ont pas le sens de l'humour.

 

Le « chemin » entre Saint-Chély et Saint-Côme d’Olt. Photo © WL

Le « chemin » entre Saint-Chély et Saint-Côme d’Olt. Photo © WL
 
L’une de mes passions avouables est la marche, avec mes complices habituels. Balade, randonnée, promenade, course de montagne, peu importe, pourvu que je puisse mettre un pied devant l’autre — et aussi longtemps que je peux mettre un pied devant l’autre.

Plusieurs personnes m’ont fait remarquer que si la « vieille dame » de mon billet de septembre se souvenait d’une enfance heureuse pourtant misérable, c’est… parce que c’était son enfance. Se sentait-elle heureuse sur le moment ? Le passé s’entoure-t-il toujours d’un halo rose — et la jeunesse se suffit-elle d’elle-même pour créer le bonheur ? Peut-on être heureux à retardement, peut-onse souvenir heureux en niant une réalité collée au moment et en excluant l’invasion du présent ? Moi, qui mâchouille inlassablement mon passé comme un chewing-gum indestructible, je n’ai pas d’avis, ou plutôt j’en ai, mais plusieurs, divers, complexes voire confus, sans forme ni consistance, comme ce même chewing-gum. « Le passé est un pays étranger ; les choses y sont différentes ». C’est avec cette phrase que débute le magnifique film de Joseph Losey, Le Messager.

Je suis de la génération Sartre-Beauvoir-Camus. Ils ont guidé et influencé notre jeunesse (je parle des gens que je fréquentais), nous nous définissions par rapport à eux. Nos années d’étudiants, les années soixante, étaient des temps politisés, c’était vital. Certains étaient camusiens tendance anar ou le contraire, ni-Dieu-ni-maître, ni-Staline/Mao-ni-Uncle Sam, j’en étais. Lectures, discussions sans fin. Pour beaucoup, manifs, tracts et carte ou « petit livre », je n’en étais pas.
Il y a quelques mois, nous avons reçu la visite d’une vieille dame — en fait, elle avait deux ans de moins que moi — dans notre datcha quelque part en France.

C’est l’été. Un autre été, lointain, nous sommes allés passer des vacances en Allemagne, au bord de la Baltique, à Bansin, un lieu de villégiature collé à la frontière polonaise. Ce choix était dicté par l’histoire de ma femme K. ; c’est là qu’elle a été, toute petite fille, évacuée de Berlin avec sa famille fin 1944 pour échapper aux bombardements alliés. (L’ironie cruellede l’Histoire, c’est qu’au même moment ma famille à moi, sur le même continent, mais religieusement, idéologiquement, politiquement, ethniquement ailleurs, à l’opposé absolu, souhaitait-espérait-attendait le succès de ces bombardements.)

Paul Gauguin, D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? 
1897–1898, Museum of Fine Arts, Boston.

Mon ami Z., d’un certain âge, originaire de ce pays lointain qu’ici on appelle le Là-bas, possède une maison dans le centre de la France. 

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