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Egy francia Magyarországon - Pierre Waline blogja

Francia születésű, nyugdijas vagyok, Pesten élek. Szeretek itt élni, szeretem Magyarrszágot, a nyelvet, a kultúrát, de jó néha hazamenni Párizsba is. Szeretem a klasszikus zenét. Fontos számomra a kommunikáció, meg a harc az intolerancia és a rasszizmus ellen.

Bof....
Déteste par dessus tout l'intolérance, le nationalisme et le racisme, encore trop répandus...
Mindenek elött a nacionálzmus, az intolerancia és a racizmus ellen szeretnék küzdeni, amelyek sajnos tul gyakori jelenségek a mai világban...

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S´il est un conte pour enfants qui inspira les compositeurs, c´est bien Cendrillon. Tel un certain Nicolas Isouard qui en tira un opéra, paraît-il donné avec succès, douze ans avant la Cenerentola de Rossini. Ou encore Massenet dont l´opéra, créé à Paris en 1899, est malheureusement tombé dans l´oubli. Mais c´est surtout par les ballets que Cendrillon fut révélé au public, tel celui écrit par Louis Duport en 1813 pour la scène de Vienne ou encore le ballet composé par Fernando Sor, donné à Londres en 1822 et, pour la Russie, celui donné en 1893 sur une chorégraphie de Petipa au théâtre Mariinsky, composé par Boris Schell. Tous présentant de nombreuses variantes par rapport au conte de Perrault.

C´est également sur une commande du théâtre Mariinsky que Prokofiev composa son ballet Cendrillon. Composition entamée en 1941, interrompue par les hostilités et l´écriture de Guerre et Paix, puis reprise en 1943 pour être créée en novembre 1945 sur la scène du Bolchoï. Une création accueillie par un triomphe. Une partition que, contrairement à ses autres productions, l´on dit généralement d´inspiration plus occidentale que vraiment russe. Une oeuvre qu´en tous les cas, Prokofiev semblait avoir à coeur. Une partition souvent qualifiée de brillante et virtuose, mais aussi par certains de très inégale (P. Kaminski, J.Ch. Hoffelé). Un ballet que nous n´avions encore jamais vu et que nous étions donc curieux de découvrir. D´autant qu´il était ici produit par la troupe du Théâtre Mariisnky (1). Occasion rarissime à ne pas manquer. Dans une chorégraphie conçue en 2002 par Alekseï Ratmansky, ancien directeur des ballets du Bolchoï(2), l´orchestre de St Petersbourg étant placé sous la baguette de Valery Gergiev.


 
Je vois en Cendrillon, au-delà du personnage de conte de fées, une femme en chair et en os qui ressent et vit parmi nous. J'ai voulu avant tout exprimer par la musique l'amour poétique de Cendrillon et du Prince, la naissance et l'éclosion de cet amour, les obstacles dressés sur son chemin et, finalement, l'accomplissement d'un rêve.» (Prokofiev). Conçu „comme un ballet classique avec ses variations, adagios et pas de deux”, ce qui fait l´originalité et l´attrait de Cendrillon est que Prokofiev y associe à un style très classique, quasi conventionnel, des innovations audacieuses.
C´est dans cet esprit qu´Alekseï Ratmansky a conçu sa chorégraphie, en cela fidèle aux souhaits du compositeur. Chorégraphie enlevée, animée et bien rythmée, parfaitement en phase avec la partition. De forme assez classique, mais en même temps moderne avec des trouvailles innovantes, mais toujours de bon goût.
Tout d´abord un mot sur l´orchestre et son chef. Valery Gergiev n´est pas n´importe qui. Personnage parfois contesté pour son fort tempérament, Gergiev figure sans conteste parmi les chefs les plus réputés sur la scène internationale. Depuis plus de trente ans chef principal du Théâtre Mariinsky dont il est aujourd´hui le directeur, premier chef invité du Met de New York, il succéda entre autres à Colin Davis à la tête du London Symphony Orchestra et à Lorin Maazel à la tête de l´Orchestre philharmonique de Munich. Gergiev n´est pas non plus inconnu du public parisien pour avoir dirigé en 2017 le concert traditionnel du 14 juillet au Champ de Mars. A priori de bonnes références, donc (3).
Emmené par un Gergiev particulièrement inspiré, l´orchestre a su merveilleusement rendre ces riches sonorités et ce rythme très particulier propres à Prokofiev. Ce qui ne surprendra pas, les devinant parfaitement rôdés à ce type de musique. La partition? „Très inégale”, en avaient dit certains ? Telle n´est pas notre impression. Bien au contraire. Nous serions même enclins à penser que Prokofiev nous a laissé là une de ses plus belles partitions. Une oeuvre forte, mais sans brusquerie. Où l´on retrouve cette sorte de tempo di marcia immuable si typique, ce lyrisme des cordes et ces merveilleuses couleurs rendues par les bois et les cuivres, si caractéristiques. Mais le tout avec élégance et en finesse, sans recherche d´effets superflus. A titre d´exemple: l´oeuvre se ponctue, non sur des accords triomphants, mais au contraire tout en douceur, presque pianissimo. Comme pour laisser pudiquement les amants se retirer vers leur nouvelle destinée, promis au bonheur. Le tout admirablement servi par un orchestre aux timbres clairs et sonnant à merveille sans jamais heurter l´oreille, même dans les passages forte.
Mais c´est en premier lieu au chorégraphe que reviennent les éloges. Ratmansky nous offre ici un Cendrillon à la fois classique et moderne et, surtout, non dépourvu d´humour. Bref, désacralisant, rajeunissant une oeuvre-fétiche qui, malgré tout, avait pris quelques rides. Plus de carrosse, plus de citrouille, plus de baguette magique. De simples êtres humains „en chair et en os”, comme le voulait Prokofiev, avec leurs réactions et impulsions propres. Moderne au point que nous nous serions presque crus par moments assiter à un spectacle de Broadway, mais du bon Broadway. Le tout dans de beaux costumes classiques et dans un décor sobre: simple toile de fond habillée par des éclairages en constant changement. Seul accessoire: deux petits escaliers métalliques sur les côtés pour représenter le modeste logis de la marâtre et de ses filles. Une chorégraphie servie par une troupe de haute volée, visiblement parfaitement rôdée. Avec une mention spéciale pour Nadejda Gonchar et Tatiana Katchenko dans le rôle des deux belles-soeurs acariâtres, impayables en bécasses maladroites et empêtrées dans leurs mouvements - ce qui n´est pas évident à rendre.
Mais à citer encore Alexandra Isofidi dans le rôle de la marâtre et, sur un tout autre registre, les danseurs étoile Maria Chirinkina et Alexander Sergueiev en Cendrillon et son prince charmant.
S´il fallait résumer en quelques mots notre impression, nous dirions: fraîcheur, légèreté, respiration. Bref, un vrai bol d´air bienvenu. Il nous souvient d´avoir jadis assisté sur la scène de Budapest à l´autre grand ballet de Prokofiev, Roméo et Juliette. Ballet dont nous gardons aujourd´hui a posteriori le souvenir d´un spectacle un peu lourd, poussiéreux, encombré. Quel contraste ! Peut-être nos goûts ont-ils changé. En tous les cas, c´est une belle soirée que nous venons de passer, à la fois charmante et divertissante. La perfection.
Il paraît que ce ballet constitue le fleuron de leur répertoire en Russie. Rien d´étonnant à cela.

 
PW- 22 avril 2019
 
crédit photos: Théâtre Mariinsky.
 
 

(1): donné sur la scène du Théâtre Erkel dans le cadre du Festival de Printemps de Budapest.

(2): membre de l´American Ballet Theater, A. Ratmansky est bien connu du public parisien pour avoir créé plusieurs productions sur la scène du Palais Garnier.

(3): V.Gergiev est entre autres officier de la Légion d´Honneur.


 

S´il est un conte pour enfants qui inspira les compositeurs, c´est bien Cendrillon. Tel un certain Nicolas Isouard qui en tira un opéra, paraît-il donné avec succès, douze ans avant la Cenerentola de Rossini. Ou encore Massenet dont l´opéra, créé à Paris en 1899, est malheureusement tombé dans l´oubli. Mais c´est surtout par les ballets que Cendrillon fut révélé au public, tel celui écrit par Louis Duport en 1813 pour la scène de Vienne ou encore le ballet composé par Fernando Sor, donné à Londres en 1822 et, pour la Russie, celui donné en 1893 sur une chorégraphie de Petipa au théâtre Mariinsky, composé par Boris Schell. Tous présentant de nombreuses variantes par rapport au conte de Perrault.

C´est également sur une commande du théâtre Mariinsky que Prokofiev composa son ballet Cendrillon. Composition entamée en 1941, interrompue par les hostilités et l´écriture de Guerre et Paix, puis reprise en 1943 pour être créée en novembre 1945 sur la scène du Bolchoï. Une création accueillie par un triomphe. Une partition que, contrairement à ses autres productions, l´on dit généralement d´inspiration plus occidentale que vraiment russe. Une oeuvre qu´en tous les cas, Prokofiev semblait avoir à coeur. Une partition souvent qualifiée de brillante et virtuose, mais aussi par certains de très inégale (P. Kaminski, J.Ch. Hoffelé). Un ballet que nous n´avions encore jamais vu et que nous étions donc curieux de découvrir. D´autant qu´il était ici produit par la troupe du Théâtre Mariisnky (1). Occasion rarissime à ne pas manquer. Dans une chorégraphie conçue en 2002 par Alekseï Ratmansky, ancien directeur des ballets du Bolchoï(2), l´orchestre de St Petersbourg étant placé sous la baguette de Valery Gergiev.


 
Je vois en Cendrillon, au-delà du personnage de conte de fées, une femme en chair et en os qui ressent et vit parmi nous. J'ai voulu avant tout exprimer par la musique l'amour poétique de Cendrillon et du Prince, la naissance et l'éclosion de cet amour, les obstacles dressés sur son chemin et, finalement, l'accomplissement d'un rêve.» (Prokofiev). Conçu „comme un ballet classique avec ses variations, adagios et pas de deux”, ce qui fait l´originalité et l´attrait de Cendrillon est que Prokofiev y associe à un style très classique, quasi conventionnel, des innovations audacieuses.
C´est dans cet esprit qu´Alekseï Ratmansky a conçu sa chorégraphie, en cela fidèle aux souhaits du compositeur. Chorégraphie enlevée, animée et bien rythmée, parfaitement en phase avec la partition. De forme assez classique, mais en même temps moderne avec des trouvailles innovantes, mais toujours de bon goût.
Tout d´abord un mot sur l´orchestre et son chef. Valery Gergiev n´est pas n´importe qui. Personnage parfois contesté pour son fort tempérament, Gergiev figure sans conteste parmi les chefs les plus réputés sur la scène internationale. Depuis plus de trente ans chef principal du Théâtre Mariinsky dont il est aujourd´hui le directeur, premier chef invité du Met de New York, il succéda entre autres à Colin Davis à la tête du London Symphony Orchestra et à Lorin Maazel à la tête de l´Orchestre philharmonique de Munich. Gergiev n´est pas non plus inconnu du public parisien pour avoir dirigé en 2017 le concert traditionnel du 14 juillet au Champ de Mars. A priori de bonnes références, donc (3).
mmmené par un Gerguiev particulièrement inspiré, l´orchestre a su merveilleusement rendre ces riches sonorités et ce rythme très particulier propres à Prokofiev. Ce qui ne surprendra pas, les devinant parfaitement rôdés à ce type de musique. La partition? „Très inégale”, en avaient dit certains ? Telle n´est pas notre impression. Bien au contraire. Nous serions même enclins à penser que Prokofiev nous a laissé là une de ses plus belles partitions. Une oeuvre forte, mais sans brusquerie. Où l´on retrouve cette sorte de tempo di marcia immuable si typique, ce lyrisme des cordes et ces merveilleuses couleurs rendues par les bois et les cuivres, si caractéristiques. Mais le tout avec élégance et en finesse, sans recherche d´effets superflus. A titre d´exemple: l´oeuvre se ponctue, non sur des accords triomphants, mais au contraire tout en douceur, presque pianissimo. Comme pour laisser pudiquement les amants se retirer vers leur nouvelle destinée, promis au bonheur. Le tout admirablement servi par un orchestre aux timbres clairs et sonnant à merveille sans jamais heurter l´oreille, même dans les passages forte.
Mais c´est en premier lieu au chorégraphe que reviennent les éloges. Ratmansky nous offre ici un Cendrillon à la fois classique et moderne et, surtout, non dépourvu d´humour. Bref, désacralisant, rajeunissant une oeuvre-fétiche qui, malgré tout, avait pris quelques rides. Plus de carrosse, plus de citrouille, plus de baguette magique. De simples êtres humains „en chair et en os”, comme le voulait Prokofiev, avec leurs réactions et impulsions propres. Moderne au point que nous nous serions presque crus par moments assiter à un spectacle de Broadway, mais du bon Broadway. Le tout dans de beaux costumes classiques et dans un décor sobre: simple toile de fond habillée par des éclairages en constant changement. Seul accessoire: deux petits escaliers métalliques sur les côtés pour représenter le modeste logis de la marâtre et de ses filles. Une chorégraphie servie par une troupe de haute volée, visiblement parfaitement rôdée. Avec une mention spéciale pour Nadejda Gonchar et Tatiana Katchenko dans le rôle des deux belles-soeurs acariâtres, impayables en bécasses maladroites et empêtrées dans leurs mouvements - ce qui n´est pas évident à rendre.
Mais à citer encore Alexandra Isofidi dans le rôle de la marâtre et, sur un tout autre registre, les danseurs étoile Maria Chirinkina et Alexander Sergueiev en Cendrillon et son prince charmant.
S´il fallait résumer en quelques mots notre impression, nos dirions: fraîcheur, légèreté, respiration. Bref, un vrai bol d´air bienvenu. Il nous souvient d´avoir jadis assisté sur la scène de Budapest à l´autre grand ballet de Prokofiev, Roméo et Juliette. Ballet dont nous gardons aujourd´hui a posteriori le souvenir d´un spectacle un peu lourd, poussiéreux, encombré. Quel contraste ! Peut-être nos goûts ont-ils changé. En tous les cas, c´est une belle soirée que nous venons de passer, à la fois charmante et divertissante. La perfection.
Il paraît que ce ballet constitue le fleuron de leur répertoire en Russie. Rien d´étonnant à cela.

 
PW- 22 avril 2019
 
crédit photos: Théâtre Mariinsky.
 
 

(1): donné sur la scène Théâtre Erkel dans le cadre du Festival de Printemps de Budapest.

(2): membre de l´American Ballet Theater, A. Ratmansky est bien connu du public parisien pour avoir créé plusieurs productions sur la scène du Palais Garnier.

(3): V.Gergiev est entre autres officier de la Légion d´Honneur.


 

Sur les quelque vingt-deux oeuvres lyriques - operas serias, opéras bouffes, singspiels, drames - que nous a laissées Mozart, seule moins de la moitié est vraiment passée à la postérité, et encore…. Outre la trilogie des Noces, Don Juan et Cosí et ses deux grands singspiels que sont l´Enlèvement au Sérail et la Flûte enchantée, on retiendra encore Idoménée et la Clémence de Titus, guère davantage… Sinon peut-être la charmante Finta Giardiniera qui figure de temps à autre à l´affiche. Pour le reste, des oeuvres en retrait, qui remontent pour certaines à une période où le jeune Mozart, adolescent, ne possédait pas encore pleinement ses moyens. Tel n´est pas le cas de deux opéras inachevés dont il entama la composition à l´âge de vingt-sept ans, donc pour lui en pleine maturité: l´Oca del Cairo (1783) et lo Sposo deluso (1784). Des oeuvres qui se stiuent dans le temps à mi chemin entre l´Enlèvement au Sérail (1782) et les Noces de Figaro (1786), partant à une période où Mozart était en pleine possession de son art (1).

 

 

Le premier „L´Oie du Caire”, sur un livret de Varesco, le second, „Le mari dupé”, sur un livret attribué à Da Ponte. Le premier, laissé en plan, non que Mozart n´en fût point satisfait au plan musical, bien au contraire, mais en raison de l´invraisemblance du livret de Varesco qui lui avait déjà servi le livret d´Idoménée. Invraisemblance? Jugeons-en. Veuf, le marquis Don Pippo tient enfermées dans une tour sa fille Celidora et sa suivante Lavina qu´il entend épouser. Par contrat, il promet la main de sa fille au jeune Biondello, sous condition que celui-ci parvienne à pénétrer dans la tour dans un délai d´un an. Après une première tentative infructueuse, l´amant parviendra finalement à rejoindre sa belle en se dissimulant dans une oie factice, à l´instar du cheval de Troie. Difficile de trouver plus saugrenu. Une intrigue qui, malgré les instances de son père, poussa Mozart à abandonner son projet en cours de route. Le second livret („Le mari dupé” ou „Trois femmes pour un même amant”) est, certes, plus digeste, mais assez banal: croyant son amant Astrabale mort, la belle Emilia, poussée par son tuteur Gervazio, se rend en province pour épouser un barbon, Bocconio. A peine arrivée, elle retrouve Astrabale vivant. Sauf que… celui-ci est poursuivi par les assiduités de deux autres femmes, Bettina et Metilde. Suit une série de rebondissements après quoi les amants finiront par s´unir, Metilde se rabattant sur le vieux Gervazio et Bettina sur le mysanthrope et bougon Pulcherio, ami de Gervazio. Un cannevas classique, maintes fois traité à l´époque, sans grande originalité (2). Du moins, pas suffisamment motivant pour permettre à Mozart de maintenir son inspiration au-delà de quatre numéros (ouverture, deux airs et deux ensembles). Ce qu´en disent les critiques? Pour l´Oie du Caire: „Quelques pages magnifiques, notamment le finale du premier acte, scène bouffe exemplaire” (Renata Leydi). Quant au Mari dupé, on y relève généralement l´heureux effet du fondu-enchaîné entre l´ouverture et le quatuor initial.

 

 

Deux morceaux d´opéra bouffe que, pour les faire revivre, chefs et metteurs-en-scène, pour peu qu´ils s´y intéressent, ont pris l´habitude de fondre en un spectacle unique, sorte de pasticcio, moyennant quelques aménagements. Ce qui fut le cas de la représentation donnée ce soir à Budapest sous la baguette de Pál Németh, dans une mise-en-scène d´Attila Toronykőy. Un travail de refonte parfaitement réussi présenté sous la forme d´ un opéra en deux actes (3).

 

A vrai dire, plus qu´une simple refonte, c´est à un véritable opéra inédit qu´il nous a été donné d´assister ce soir. Opéra bouffe, certes, mais en grande partie débarrassé des invraisemblances du livret original. Nous offrant une action riche en péripéties et rebondissements parfois compliqués, mais à peu près cohérente. Action qui met en jeu huit personnages: outre Don Pippo et les trois couples de l’Oie du Caire, un huitième, Lionetto, comte riche, mais âgé, à qui Don Pippo destine sa pupille, l´équivalent du Bocconio du Mari dupé. Elle se résume en gros aux ébats et émois de deux couples qui finiront par s´unir au détriment du vieux Don Pippo qui se retrouvera dupé comme le dindon, en l´occurence l´oie, de la farce. Le tout servi par une excellente mise-en-scène truffée de trouvailles cocasses, avec humour, mais en finesse. Offrant par ailleurs une action sans cesse en mouvement, tels ces pas de danse esquissés par chanteurs et figurants. Le décor: une tour composée de petits blocs amovibles représentant à la façon d´un puzzle le portrait de Mozart. Et en toile de fond, la projection d´une nappe d´eau dont les mouvements soulignent le rhytme et le climat de l´action. Quant aux chanteuses et chanteurs, une équipe de jeunes pleinement engagés et jouant pleinement le jeu, y prenant visiblement plaisir. De plus, fort bien chanté Avec peut-être une mention spéciale pour une Zita Váradi déchaînée dans le rôle de la fougueuse et combative Lavina (la „fiancée” du vieux marquis) qui finira par rejoindre son cher Calandrino, également fort bien chanté. Mais tous excellents (4).

 

 

Au-delà d´une interprétation sans reproche, c´est dans la musique que tenait le véritable miracle de la soirée. Pour compléter et parachever une partition laissée incomplète, Pál Németh - qui dirigeait ce soir l´orchestre de l´Opéra - a réalisé là un remarquable travail au résultat totalement convaincant. Au point qu´il était pratiquement impossible de discerner ce qui était de sa plume ou de celle de Mozart. La partition que nous a laissée Mozart annonçait déjà les grands moments de ses futurs opéras, notamment les Noces. C´est dans cet esprit que Pál Németh a complété la partition au point que, maintes fois dans la soirée, nous ne pouvions nous empêcher de penser à tel air ou tel duo des Noces, de Cosí, voire de Don Juan. Mais, sans jamais que cela tienne du repiquage, le tout fort bien fondu dans un ensemble parfaitement cohérent.

Bref, c´est un nouvel opéra que nous avons découvert ce soir. En quelque sorte une première. Du Mozart? Oui. Sinon totalement de sa plume, du moins dans son esprit et avec tout son charme. En tout les cas, n´en déplaise aux puristes, de quoi nous avoir fait passer une soirée divertissante et dont nous restons sous le charme. (Et puis, ne l´oublions pas, offrant de bien beaux moments dans la partition originale. A commencer par l´ouverture ou encore ce charmant duo Auretta-Chichibio où l´on sent planer l´ombre du couple Suzanna-Figaro et surtout, le merveilleux et long finale à rebondissements, chef d´oeuvre du genre )

Mozart rêvait de créer un jour un opéra bouffe à la façon des Italiens. Rêve aujourd´hui réalisé en son nom…. Pour notre plus grand plaisir.

 

PW – 15 avril 2019

Photos: Péter Rákossy

 

1): pour preuve de leur qualité au plan musical, ces deux fragments d´opéra ont été enregistrés par Colin Davis et Peter Schreier avec entre autres la participation de Dietrich Fischer-Dieskau, Ileana Cotrubas, Robert Tear et Felicity Palmer (Philips, 1975) .

(2): une intrigue qui avait déjà inspiré à Cimarosa son intermède Le donne rivali.

(3): représentation donnée dans le petit amphithéâtre de l´Atelier Eiffel, ancien atelier des chemins de fer restauré et réaménagé, récemment ouvert au public.

L´Oie du Caire ou le fiancé dupé”, produit par Pál Németh en collaboration avec Szilveszter Ókovács et Éva Lax pour l´aménagement du livret.

(4): István Kovács, Anikó Bakonyi, Gergely Biri, János Szerekován, Zita Váradi, Péter Balczó, Bori Keszei, Máté Fülép.

C´est dans le hall roman du Musée des Beaux-Arts que son directeur Szilveszter Ókovács nous a présenté la saison 2019-2020 de l’Opéra de Budapest.

Il l´appelle son „appartement de scène” (színházlakás): le logement de famille où Iván Fischer passa son enfance, situé face à l´Opéra. Bien qu´il n´y réside plus, le chef hongrois a décidé de le garder tel quel pour en faire un lieu de rencontres. D´autant plus accueillant qu´il offre un cadre intime.

Cela est quasiment devenu un réflexe. A chaque reproche qui lui est adressé, d´où qu´il vienne et quelle qu´en soit la teneur, le Premier ministre hongrois réplique en accusant ses détracteurs de faire le jeu de l´immigration, bien évidemment sous la férule du milliardaire américain Soros. Se posant en défenseur d´une Europe, bastion sûr et protégé, fidèle à ses traditions et valeurs chrétiennes. Voilà qui a de quoi séduire.

De Ponchielli, j´avoue avoir jusqu´ici pratiquement tout ignoré, sinon qu´il compta Puccini parmi ses élèves et qu´il est resté connu pour avoir composé La Gioconda, son seul opéra qui passa à la postérité. Une oeuvre rarement jouée, actuellement donnée sur la scène de Budapest (1). Une bonne occasion pour la découvrir et nous en forger une opinion personnelle.

S ´ il est un conte pour enfants qui inspira les compositeurs, c ´ est bien Cendrillon . Tel un...
S ´ il est un conte pour enfants qui inspira les compositeurs, c ´ est bien Cendrillon . Tel un...
Quand le sourire sert à masquer une profonde tristesse. – Amikor a mosoly egy mély szomorúság...
Tűz ütött ki a párizsi Notre-Dame székesegyházban hétfő este.
Tűz ütött ki a párizsi Notre-Dame székesegyházban hétfő este.
Sur les quelque vingt-deux oeuvres lyriques - operas serias, opéras bouffes, singspiels, drames -...
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