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Au lendemain de la Guerre, une célèbrité aurait, paraît-il, déclaré: ”J´aime tellement l´Allemagne que je me félicite d´en avoir deux”. Boutade que nous serions aujourd´hui bien tentés d´appliquer à l´Europe.

Voici dix ans, nous avions émis un papier où, sous le titre „Ne jugeons pas en bloc”, nous tentions de tordre le cou à une tendance visant alors à scinder l’Europe en deux parties bien distinctes, l´ancienne à l´Ouest et la nouvelle à l´Est avec les anciens pays du bloc communiste. Arguant entre autres du fait qu´il n´y a guère plus de points communs entre un Polonais et un Bulgare qu´entre un Norvégien et un Portugais. Ce qui était alors vrai. Mais depuis?

Force est de reconnaître que la situation a sensiblement évolué. Certes, dès 1991 fut instauré le fameux Groupe de Visegrád qui réunissait Hongrie, Pologne et Tchécolsovaquie (puis, en 93, Tchéquie et Slovaquie). Mais alors nullement dirigé contre l´Europe, bien au contraire, créé pour aider à son intégration. Une association reprenant celle établie au XIVème siècle entre les rois de Hongrie, de Bohême et de Pologne. Un groupe qui, avec l’entrée de ces pays dans l´Union européenne en mai 2004, perdit beaucoup de son importance. Jusqu´au moment où deux tsunamis vinrent secouer la région: le retour de Viktor Orbán au pouvoir au printemps 2010, puis la grande vague migratoire de 2015.

Les Quatre et le chancelier autrichien

 

Un „V4” que certains aimeraient voir se muer en V5 avec le ralliement - bien peu probable - de l´Autriche. Un groupe qui se présente aujourd´hui en défenseur de la souveraineté nationale face à l´ingérence de Bruxelles, mais surtout en „clan anti-migrants” - auquel s´ajouteraient l´Autriche et l´Italie, du moins celle de Mateo Salvini (1) - face à un groupe de l´Ouest qui serait présenté comme favorable à l´accueil des migrants. Groupe que le premier ministre hongrois présente comme mené par Emmanuel Macron, ouvertement déclaré son ennemi personnel. Ce que, d´ailleurs, ce dernier s´est empressé de confirmer. De quoi rendre Soros jaloux...

Tout ceci relève d´une simplification excessive d´une situation qui appelle à être nuancée. Tout d´abord à l´Ouest où un consensus sur la question est bien loin dêtre établi. Mais aussi à l´Est, malgré des apparences trompeuses. Si, certes, l´opinion y est globalement opposée à l´intégration d´éléments étrangers, le consensus n´est pas ici, non plus, si évident qu´il n´y paraît. A commencer par une position vis-à-vis de Bruxelles moins radicale chez Tchèques et Slovaques face à un noyau dur Pologne-Hongrie (les bêtes noires du Parlement européen). Des Slovaques plus impliqués du fait qu´ils font partie de la zone euro. Quant aux Tchèques, géographiquement et historiquement moins éloignés de l´Ouest, ils furent avant-guerre quasiment considérés comme une démocratie occidentale face aux régimes de Budapest et de Varsovie. (Avec toutefois la triste parenthèse du régime pro nazi de Mgr Tiso en Slovaquie).

Alors, un axe Budapest-Varsovie irréductible et inébranlable? Il est vrai que les deux peuples ressentent sans conteste une sympathie mutuelle. Jadis liés par des liens dynastiques, puis par la participation de généraux polonais à la lutte de libération menée par les Hongrois en 1849 et, plus près de nous, par le souvenir de 1956. Deux peuples qui ont eu par le passé durement à souffrir, avec une Pologne un moment rayée de la carte, puis voyant ses frontières déplacées au lendemain de la guerre. Et une Hongrie dont il est inutile de rappeler l´humiliation subie à Trianon. Malgré cela, nous constatons une position sensiblement différenciée dans les approches des deux peuples face au passé. Un passé en bonne part surmonté, comme conjuré (mais non oublié) chez une bonne partie des Polonais, notamment les jeunes, pour se concentrer davantage sur l´avenir. Face à des Hongrois largement tournés vers un passé qui demeure pour eux aujourd´hui encore un véritable traumatisme.

Plus réelle et flagrante est par contre la position des deux capitales vis-à-vis de la Russie. Des positions radicalement opposées, pour des raisons que l´on comprendra aisément et sur lesquelles il serait inutile de nous étendre. Ce qui est moins ressenti: une différence de taille entre les personnalités de Jarosław Kaczyński et de Viktor Orbán. Le premier, certes ultra conservateur, mais profondément croyant, réellement convaincu et apparemment sincère dans ses opinions. Face à un Viktor Orbán plus opportuniste et ambitieux que réellement convaincu. Moins entier, mais plus fin stratège, orateur sachant manier ses foules et à la personnalité plus marquée. Sans compter avec la récente nomination en Pologne au poste de Premier ministre de Mateusz Morawiecki, relativement modéré. Un spécialiste du droit communautaire qui avait participé aux négociations précédant l´adhésion. „Relativement” modéré, tout étant ici très relatif, mais du moins par rapport à son homologe hongrois.

Alors… Europe des blocs ? Peut-être pas tant qu´on voudrait bien se le dire. Certes, une Europe divisée et bien mal en point. Mais sans que l´on puisse pour autant véritablement déterminer une ligne de partage claire en deux clans bien distincts.

Un imbroglio dont bien malin est qui pourra prévoir l´issue.

 

PW – 9 septembre 2018

 

(1): malgré un profond désaccord sur le problème épineux des quotas.

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