Bienvenu sur www.francianyelv.hu   A kijelölt francia nyelvű szöveg felolvasásához kattints a hangszóróra! Bienvenu sur www.francianyelv.hu GSpeech

Un ténor perché dans une cuvette oscillant à trois mètres au-dessus du sol. Une soprane hissée sur un monte-charge tandis que courent en tous sens à ses pieds des hommes en caleçon long (de plus, vieux, mal rasés et pas beaux...). Une danseuse nue (ou presque), elle aussi perchée sur ladite cuvette qui s’enduit le corps de cambouis tandis que notre petit monde gesticule et chante sur scène. Une pièce burelesque? Offenbach, Chabrier, Chostakhovitch? Non ! Le Freischütz de Carl Maria von Weber.  

Le délit fut commis dimanche dernier pour la Première au théâtre Erkel de Budapest. La première, ... malheureusement pas la dernière. Il y a des moments où l’on se prendrait méchamment à rêver d’un rétablissement du goulag, du moins pour certains  metteurs en scène....

Ce que nous a servi Sándor Zsótér dimanche soir sur la scène du théâtre Erkel est proprement lamentable. Même pas scandaleux, ce qui serait encore trop élogieux, mais simplement pitoyable. Encore un qui ne doit pas trop aimer la musique et encore moins Weber. Car, s’il les eût aimés, il n’eût pas exigé d’un ténor (au demeurant excellent) de chanter allongé dans une cuvette oscillant à plusieurs mètres au-dessus du sol.. Il eût fait part d’un minumum de respect pour les consignes précises données par le compositeur (tels les décors et le déroulement de la si belle scène des Gorges du loup (*)). Qu’il n’y ait aucun malentendu. Nous n’avons rien contre les mises en scène modernes. Bien au contraire. A fortiori pour ce Freischütz qui peut vite tomber dans le carton-pâte mélo avec ses scènes de chasse, ses gros sabots et lourdes danses paysannes et ses sombres forêts. Mais de là à nous infliger ce que nous avons dû subir? Dépoussiérer, oui, dénaturer, non !

Outre le manque de goût dont il fait preuve, le reproche que nous pouvons formuler à l’égard du metteur en scène est de n’avoir pas su - ou pas voulu -  rendre le climat de la pièce.Dès le lever de rideau, nous offrant sur le plateau, en guise de réjouissances paysannes, une bande de jeunes se dandinant et gesticulant en tous sens, un peu dans le style twist de ma jeunesse, mais sans le charme ni la fraîcheur.. Toutes et tous se contorsionnant dans des mouvements saccadés, anti naturtels, comme forcés. Rien de la fraîcheur paysanne que nous offrent Weber et sa musique (rappelons que nous sommes au fin fond de la Bohême au début du XIXème). Une musique qui contrastait ici de façon criarde avec une gestuelle à contre rythme. Et puis cette sorte de baignoire, disons cuvette ou nacelle, pour être plus juste, qui nous tombe du ciel. Mais pourquoi donc? Quel message veut-on nous transmettre ? J’avoue être trop simplet - ou pas assez tordu - pour en saisir le sens...

Côté chant, par contre, un bon point pour les deux héros principaux: Max (István Kovácsházi) et Gaspard (András Palerdi) remarquablement bien chantés. D’autant plus méritoires qu’ils devaient souvent le faire dans des situations difficiles (Max allongé dans sa nacelle ou dansant en couple avec son ami Gaspard). Moins d’enthousiasme côté femmes, bien que se tirant fort bien de leurs airs difficiles. Mais pourquoi ce choix pour le rôle d’Agathe, jeune fille chaste et pure, d’une femme plutôt corpulante, à la chevelure ébouriffée, que je verrais davantage en chauffeur de poids lourd ? La pauvre - dont je tairai le nom - n’y peut rien; mais bon, il y en a tant d’autres tout aussi bonnes chanteuses, mais plus gracieuses, sur la place de Budapest.

A citer, car occupant une place centrale dans la pièce: la danseuse et chorégraphe Andrea Ladányi. Une professionnelle de haut niveau à la carrière internationale reconnue. Mais ayant ici choisi une chorégraphie bien contestable, toute en contorsions. De même que son contemporain le metteur en scène Sándor Zsótér, elle est avant tout une femme de théâtre et de ballet moderne, mais non d’opéra. Surtout pour le Freischütz qui constitue l’opéra romantique par excellence....

Encore une fois, reconnaissons que, malgré sa merveilleuse musique (qui suscita l’admiration de Beethoven lui-même), le Freischütz est un opéra périlleux pour les metteurs en scène. Un équilibre difficile y est à trouver entre tradition lourde et ringarde d’un côté et modernité de l’autre. Le choix de la représentation de Budapest fut celui, non de la modernité, mais du burelesque... Dommage !

PW - 15 déc. 2014

__________

  (*): „Les Gorges du loup, forêt de sapins très touffue, entourée de hautes montagnes. De l’une un torrent tombe en cascade. La pleine lune pâlit. Deux orages s’approchent, venant de directions opposées. Au premier plan, un arbre desséché, frappé par la foudre. De l’autre côté, sur une grosse branche, un grand hibou...”Etc. (Ici, seul le hibou affichait présent)

Októberben és novemberben a következő filmeket nézheted, jelképes...
Magyarország és Franciaország egyaránt sikeres és gazdaságilag erős...
A Louvre gyűjteményének mintegy 250 ezer darabja költözik ki...
A párizsi rendőr-főkapitányságon két nappal ezelőtt négy áldozatot...
Nemzeti gyásznap keretében vettek végső búcsút hétfőn Jacques Chirac...
A kijelölt francia nyelvű szöveg felolvasásához kattints a hangszóróra! Francianyelv.hu felolvasó