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Lucia di Lammermoorconstitue probablement le chef d’oeuvre de Donizetti. A mi chemin entre le romantisme d’un Weber et le Bel canto d’un Bellini. Depuis sa création ovationnée au Théâtre San Carlo de Naples en 1835 jusqu’à nos jours, il n’a pratiquement jamais quitté l’affiche (1). Offrant notamment l’une des scènes de folie les plus réussises – et parmi les plus difficiles à interpréter – du répertoire.

L’intrigue, basée sur le roman La Fiancée de Lammermoor de Walter Scott, en est particulièrement tragique: sur fond de guerre de religion dans l’Écosse de la fin du XVIème siècle, séparation de deux amants par le jeu d’une calomnie (fausse lettre) leur laissant croire à une infidélité de part et d’autre. Avec, comme il se doit, la mort de nos deux héros à la clé. Un thème souvent repris, mais ici traité avec une forte intensité dramatique.

Une oeuvre qui exige, pour le rôle-titre, une grande maîtrise de la voix alliant virtuosité et expression dramatique et une grande présence sur scène (2). Ce qui n’est pas évident... Pour le coup, le choix de la soprano hongroise Klára Kolonits s’est révélé des plus heureux.

Klára Kolonits est bien connue du public hongrois et j’ai moi-même eu maintes occasions de l’entendre et de l’apprécier. Mais ici, le rôle qui lui était confié (Lucia) se prêtait plus que jamais à mettre en valeur les différents aspects de son talent:  puissance de la voix, mais sans aucune agressivité, en même temps toute en nuances, passages des graves aux aigus, avec une tenue parfaite de la note. Mais aussi et surtout cette aptitude à passer des vocalises les plus acrobatiques (scène de la folie) aux confidences ou aux doux aveux et serments (duo „Verranno a te sull’aure” qui ponctue le Ier acte). Et toujours hautement expressive, tant par la voix que par le jeu. 

 

Crédit photo: Kaya Ariel Woytynowska

C’est bien sûr dans la longue scène de la folie du IIIème acte qu’elle était le plus attendue. Fait rare à Budapest, une scène qui fut ponctuée d’une ovation de plusieurs minutes agrémentée de bravi. Il faut dire que Donizetti s’en était visiblement donné à coeur joie, forçant (peut-être un peu trop) la note, pour mettre au mieux en valeur les aptitudes de la célèbre Fanny Persiani, créatrice du rôle à Naples (3).

Crédit photo: Katia Ariel Woytynowska

Il faut dire qu’elle était bien entourée avec un Edgardo, son amant (István Horváth, ténor) et un Enrico, le „vilain” frère (Csaba Szegedi, baryton) tous deux au mieux de leur forme. Un trio de grande classe. Les seconds rôles m’ayant semblé, par contraste, plus en retrait. Une prestation également moyenne de l’orchestre - où dominent les cuivres - et des choeurs. Malgré tout honorable (sévérité que d’aucun jugeront excessive, due à l’habitude de les avoir entendus au „top” dans d’autres circonstances).    .

Une belle soirée, en définitive. Mais avec toutefois une légère réserve. Pourquoi ces échafaudages en guise de décor (comme si  on allait repeindre la scène...) ? Il est vrai que, surpenants au début, ils finissent par passer inaperçus, sans entraver l’action. Que voulait signifier par là le metteur en scène (Máté Szabó)? Je l’ignore. Peu importe...  

Pour en revenir à l’oeuvre,  mention doit être faite au librettiste, Salvatore Caramanno qui, à partir de l’action quelque peu enchevêtrée de Walter Scott, sut nous servir un livret simple, limitant le nombre des personnages pour mieux centrer le drame autour de ses trois principaux intervenants. Un point faible, malgré tout: alors que le dernier acte culmine avec la mort de Lucia, passage sublime (les agonies passent toujours bien à la scène), pourquoi prolonger l’action, qui retombe du même coup ? Avec une scène un peu longuette qui aboutira, pour ponctuer l’oeuvre, à la mort d’Edgardo sur fond des funérailles de Lucia dont il apprend la mort. Mais sans pour autant que lui soit révélée son innocence (4).   

Un bel opéra, donc, sans nul doute parmi plus les réussis de Donizetti, qui remporta et continue de remporter un grand succès. Oeuvre que Gustave Flaubert tenait en haute estime, y voyant un parallèle symbolique avec son Emma de Madame Bovary.

Ici admirablement servi par une belle brochette, la palme revenant sans conteste à Klára Kolonits pour cette interprétation qui fera sans doute date sur la scène de Budapest (5).

PW- 25 novembre 2016

 

(1): une oeuvre que Donizetti composa en moins de six semaines...

(2): cf Maria Callas dans un enregistrement live de 1955 dirigé par Karajan avec Giuseppe Di Stefano comme partenaire.

(3): épouse du compositeur Giuseppe Persiani, Fanny Tacchinardi-Persiani fut l’une des chanteuses les plus réputées de son époque, ses plus grands succès étant obtenus dans l’interprétation de Lucia, son rôle fétiche. Elle était la chanteuse favorite de Donizetti. 

(4): critique également émise par Piotr Kaminski („Mille et un opéras”)

(5): chanté en alternance par Klára Kolonits et Erika Miklósa. Ce n’est pas un hasard si toutes deux sont également connues pour leur interprétation de la  Reine de la Nuit.

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