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L’actualité aidant, il est de plus en plus fréquent  de voir dans les médias dressé un parallèlle entre Pologne et Hongrie. Parallèlle qui s’explique en premier lieu par l’opposition affichée par les gouvernements de ces deux pays à l’hégémonie de Bruxelles. Bref, un axe dur Varsovie-Budapest, auquel on associera également, mais de façon plus distendue, Prague.

Il est vrai que, déjà par le passé, de nombreux liens liaient les deux pays. Rien que par des alliances dynastiques, sans compter que les royaumes de Pologne et de Hongrie eurent longtemps une frontière commune, aux dépens de la Slovaquie, intégrée au royaume de Hongrie. Par la suite, il suffira de rappeler le soutien effectif apporté par des Polonais (troupes du général Bem) aux Hongrois en lutte contre l’Autriche lors de la guerre d’indépendance de 1848-49. Plus près de nous, on se souviendra de l’émeute de Poznań qui, en 1956, précéda de quelques mois l’insurrection hongroise, sur laquelle les événements de Pologne exercèrent sans conteste une influence.    

Parallèlle qu’en poussant davantage la comparaison, on pourra établir, malgré quelques légères nuances, entre les régimes de l’entre-deux-guerres, tous deux ultra conservateurs et souvent qualifiés de quasi féodaux, avec une population rurale en partie dominée par des magnats et familles de la grande noblesse disposant d’immenses latifundiae, surtout en Pologne (à la différence d’une république tchécoslovaque qui pouvait être qualifiée de démocratie occidentale). À cette nuance près que la Pologne disposait, en dehors de sa capitale, d’une bourgeoisie urbaine que l’on trouvait moins dans la province hongroise. Autre point commun: un certain antisémitisme, certes plus marqué en Pologne.

Bref, une comparaison pleinement justifiée. Du moins à première vue. Car les différences ne manquent pas. La plus flagrante étant la position des deux pays dans deux camps opposés lors de la Seconde Guerre mondiale, les Hongrois du régime Horthy étant alliés de l’Axe.

Pologne-Hongrie: le langage des drapeaux...

Beata Szydło

 

Viktor Orbán

Pour en revenir à l’actualité, ici encore, malgré une solidarité ostentoirement affichée, les différences entre les deux approches ne manquent pas. Rien qu’en matière de diplomatie, ce rapprochement de la Hongrie d’Orbán avec la Russie de Poutine. Rapprochement dont le Premier ministre n’a cesse de se targuer, bien que nous y voyons davantage une soumission. Face à cela, des Polonais foncièrement russophobes pour qui évoquer un rapprochement avec Moscou relèverait presque de la provocation. En poussant plus loin, nous pourrions également évoquer cette orientation, également ostensiblement affichée, de la diplomatie hongroise vers la Chine, la Turquie et les régimes durs d’Asie centrale, notamment l’Azerbaïdjan. D’autant plus affichée qu’elle constitue une manière de tourner le dos à l’Europe et à l’Occident en général, copieusement villipendé. Non sans une petite touche sentimentale, l’entourage de Viktor Orbán se référant souvent aux origines orientales de l’ethnie magyare (cette „grande famille pantouranienne” déjà évoquée sous le régime Horthy).

Tout cela, beaucoup le savent et établir de telles comparaisons ou confrontations n’a somme toute rien de très original.

Plus intéressant  serait de comparer les personnalités qui gouvernent ces Etats, à savoir Viktor Orbán à ma gauche (au sens figuré...) et Jarosław Kaczyński à ma droite. Un Kaczyński qui, au dire de nombreux observateurs, est avant tout un homme de conviction. Ultra conservateur, certes, mais chrétien convaincu et n’ayant cesse de mettre ses idées, ses convictions en pratique. Face à cela, un Viktor Orbán sans véritable vision, quoi que l’on en dise, sinon celle de se maintenir par tous les moyens au pouvoir. Ce qu’il déploie au demeurant avec une merveilleuse habileté, en stratège hors pair. Bien plus que Kaczyński, de caractère plutôt réservé, Viktor Orbán est un homme de communication, orateur qui adore - et sait fort bien - haranguer son monde. Par contre mal à l’aise dans les débats qu’il fuit comme la peste (en raison de la part d’imprévu qu’implique l’art du débat).

Par ailleurs, un Viktor Orbán (dont les enfants ont chacun une religion différente) de confession réformée dans un pays où la part des catholiques constitue à peine plus des deux  tiers (68%) face à un quart de protestants (25% dont 21% calvinistes et 4% luthériens). Face à une Pologne profondément catholique.

Autre différence, du moins telle que nous croyons la percevoir: la corruption. Un corruption qui, certes, sévit partout, que ce soit en Pologne, en France ou ailleurs, mais qui, en Hongrie, fait partie intégrante de la politique d’Orbán. Assertion qui pourra choquer et nécessite une explication. Soucieux de contrôler son monde, le Premier ministre hongrois, bien plus que par leur conviction – qui, en l’occurrence, importe peu –, a su se procurer des  soutiens en créant de toutes pièces un cercle d’oligarques, souvent partis de peu, enrichis grâce à son aide, donc dépendants de lui. L’exemple le plus fragrant étant le maire de son village natal, Lőrinc Mészáros, ancien artisan gazier devenu en quelques années l’un des hommes les plus riches du pays, non seulement aujourd’hui à la tête de nombreuses entreprises – qui, comme par hasard, emportent tous les appels d’offre – mais possède également une grande part des médias avec l’achat récent des principaux journaux de province. Une stratégie développée au point que certains (l’ancien ministre Bálint Magyar) n’hésitent pas à parler d’État maffieux. Des proches de Viktor Orbán (son père et son gendre) étant eux-mêmes concernés. Nous n’avons pas connaissance d’une telle démarche de la part d’un Kaczyński, du moins à ce point.

Autre aspect de la stratégie déployée par Viktor Orbán: ce constant souci de diaboliser toute opposition, quitte à faire répandre des bruits calomnieux ou du moins déformés. Pour recourir à une boutade, nous pourrions inverser le slogan jadis lancé par les proches de János Kádár „Qui n’est pas contre moi est avec moi” en „Qui n’est pas avec moi est contre moi”.  Les exemples abondent que nous nous dipenserons d’évoquer ici. Autre variante: par des mesures habilement prises, paralyser les opposants ou organismes qu’Orbán veut écarter de la vie publique. Deux exemples en sont donnés avec une loi qu’il a fait voter „sur mesure” pour entraver le fonctionnement d’une université américaine créée jadis par son ennemi public George Soros (CEU, Central european University). Même opération vis-à-vis des ONG financées de l’étranger. Ou encore cette toute récente décision de la Cour des Comptes - dont le président László Domokos, ancien député, a occupé de hautes fonctions au sein du parti d’Orbán, le Fidesz - pour, en lui infligeant une amende colossale, vider la caisse de son principal rival, le parti Jobbik et ce, en pleine campagne électorale. Sans vouloir entrer dans les détails, on est bien loin, ici encore, de la politique pratiquée par Kaczyński, du moins osons-nous le croire.

Quant à la position des deux capitales vis-à-vis de Bruxelles, même si les deux gouvernements se montrent fermes sur ce point (migrants, intrusions dans la politique intérieure), il semblerait que Varsovie se montre malgré tout moins fermée. Tel est du moins ce que nous croyons percevoir dans la toute récente nomination de Mateusz Morawiecki au poste de Premier ministre en remplacement de Beata Szydło. Morawiecki, un économiste respecté qui a su dans le passé, par une réforme bien menée, rétablir la position économique et financière de son pays. De plus, ancien conseiller économique de Donald Tusk, Morawiecki participa par ailleurs aux négociations d’entrée de la Pologne dans l’UE. S’il n’est pas aujourd’hui un europhile coinvaincu, du moins sa nomination laisse-t’elle présager un léger apaisement dans les relations Varsovie-Bruxelles.

Enfin, pour la petite histoire, détail apparemment anodin, mais qui mérite néanmoins d’être rapidement évoqué: cette manie quasi puérile (c’est bien le mot) qu’a Viktor Orbán de satisfaire ses lubies sur les deniers du contribuable. Telles ces constructions de stades luxueux, le football étant sa passion, pourtant aux trois-quarts vides (alors que les hôpitaux, pour ne prendre que cet exemple, manquent cruellement de fonds). Pour le coup, il nous est difficile d’imaginer une telle attitude chez son voisin polonais.

Pour terminer, il nous semble que, face à une population hongroise pour partie encore tournée vers le passé (Trianon!), les Polonais, notamment les jeunes, nous paraissent a priori davantage tournés vers l’avenir. Assertion bien subjective, mais que nous avons maintes raisons d’avancer.

Pologne-Hongrie, un couple au passé idylique, certes, mais non sans présenter aujourd’hui quelques sérieuses différences de cararactère (du moins pour le couple Orbán-Kaczyński)

 

PW - 9 déc. 2017

 
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