Bienvenu sur www.francianyelv.hu   A kijelölt francia nyelvű szöveg felolvasásához kattints a hangszóróra! Bienvenu sur www.francianyelv.hu GSpeech

Résidant à l’étranger, il m’est difficile d’apprécier pleinement l’actualité de l’Hexagone. Malgré tout, si mouvementée que puisse être la vie politique en France, je doute fort qu’elle atteigne en saveur ce qu’elle nous offre en Hongrie. Car, le moins que l’on puisse dire est  que l’on ne s’ennuie pas sur les bords du Danube. Telle cette guerre des affiches qui vient d’éclater à la grande joie de ses observateurs.

Tout est parti d’une série d’affiches commandées par le gouvernement en appui à sa campagne contre l’immigration. Couvrant les murs de la capitale ou bordant les routes, ces immenses panneaux accueillent les visiteurs indésirables par un slogan particulièrement chaleureux:

SI  TU  VIENS  EN  HONGRIE, SACHE QUE TU  NE  POURRAS  PRENDRE  AUX  HONGROIS  LEUR  TRAVAIL”.

Ceci étant rédigé dans la langue de Petőfi.  

Dès leur apparition, des premières remarques n’ont pas manqué de fuser.

Pourquoi une affiche rédigée en hongrois pour s’adresser à des ressortissants syriens, kosovars ou afghans?  Et quand bien même, pourquoi ce ton du tutoiement? Et puis, est-on vraiment certain que ces pauvres bougres  envisagent de travailler dans un pays dont ils ne parlent pas la langue et où le salaire minimum n’atteint pas 300 euros?

Passées ces premières remarques, a suivi une phase plus active de destruction des affiches, lancée par des groupes de l’opposition. Selon deux techniques bien connues: peinturlurage et arrachage.  Aussitôt fait, aussitôt coffrés. Dès la première intervention, les deux jeunes contrevenants se sont aussitôt vus embarqués par sept flics en civil surgis de quatre voitures. Et re-belotte le soir suivant. Résultat: une nuit au bloc plus une amende de 100 euros (30 000 Ft) pour „détérioration de bien public”. Ce qui fait sourire est le chef d’accusation. Bien public, ces affiches? Mais le pompon: un représentant du gouvernement a mis en garde les vilains voyous, car les affiches seront désormais gardées (il y en a plus de 300...). Donc des rondes de police dont les frais seront à ajouter au million d’euros dépensé pour leur impression? Voilà, ma foi des affiches qui valent de l’or !

Troisième round: contre attaque par le „Parti hongrois du chien à deux queues” (MKKP, Magyar Kétfarkú Kutya Párt), groupe constitué en 2006 pour parodier le pouvoir en place (quelle qu’en soit la couleur politique). Impression par ledit parti de „contre-affiches”. Le tout financé sur dons. Au lieu des 3 millions de forints espérés (10 000 €), 9 millions (30 000 €) sont rentrés dès le premier jour dans les caisses pour atteindre quasiment les 70 000 € au bout de quelques jours. De quoi financer l’impression d’une bonne centaine d’affiches face aux 300 officielles (qui, elles, auront coûté 1 million d’euros au contribuable).

Il faut dire que les textes proposés ont de quoi motiver. Quelques exemples:

„Si tu viens en Hongrie, sache que tu ne pourras faire tes courses le dimanche”

(allusion à la loi très controversée sur la fermeture dominicale des commerces)

„Du travail? On ne peut nous prendre ce que l’on n’a pas...”

„Sorry about our Prime minister !”

 

 

„Viens tranquillement en Hongrie, nous sommes partis travailler à Londres”

Cette dernière faisant allusion aux 200 000 jeunes Hongrois partis travailler à l’étranger en quelques années, dont la majorité en Angleterre. Officiellement, sur une population de 10 millions, 350 000 Hongrois, soit 8% de la population active, sont répertoriés comme travaillant à l’étranger. A tel point que certains secteurs sont en manque cruel de main d’oeuvre, tel le milieu hospitalier où 23 000 infirmières font défaut. De plus, dans un  pays à très faible démographie, l’une des plus faibles d’Europe.

Bref, quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur le sujet, voilà une campagne menée de façon bien maladroite par le gouvernement et qui prête le flanc aux moqueries. De plus, coûteuse...

Le sommet de l’humour (au second degré) réside dans le projet de contre-affiche suivant, rédigée en polonais:

„Si tu vas en Angleterre, sache que tu ne pourras y prendre leur travail aux Hongrois”

Allusion, encore une fois, à la main d’oeuvre hongroise émigrée, mais présentée ici comme se défendant contre la „concurrence” polonaise. Et ce n’est pas fini!

Quand j’affirmais que l’on ne s’ennuie guère ces temps-ci, de par chez nous !

PW – 13 juin 2015

A peine rentrés d´une tournée chaleureusement accueillie aux...
A peine retombées les fusées du feu d´artfice, au demeurant...
Ce lundi 19 août, Angela Merkel s´est rendue à Sopron, ville...
Le 20 août, les Hongrois vont célébrer leur fête nationale. Le temps...
Trottinettes électriques : mieux vaut s'assurer ! – Jobb lenne...
A kijelölt francia nyelvű szöveg felolvasásához kattints a hangszóróra! Francianyelv.hu felolvasó