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Pour une fois, ce n’était pas un opéra que l’on donnait de Verdi ce mardi sur la scène de Budapest, mais sa messe de Requiem...  Ne gardant pas le meilleur souvenir d’une précédente inteprétation sur cette même scène  (2 novembre 2005), je me méfiais, mais étais en même temps très curieux. Aussi n’ai-je pas hésité à me prendre un billet - à ma place de prédilection: le poulailler. Après tout, à 5 petits euros (1 500 forints) la place, je ne risquais pas grand chose...

Et bien, je dois avouer que je n’ai pas regrettté, bien au contraire! Une interprétation superbe avec un quatuor vocal de rêve: un Italien (Roberto Tagliavini), un Américain (Stuart Neill), une Française (Clémentine Margaine) et une Hongroise (Eszter Sümegi) tous les quatre au top! Avec une mention spéciale pour le ténor Stuart Neill au volume et au coffre impressionnants (il doit bien, sans blague, se prendre une rangée d’avion à lui tout seul), mais sachant  nuancer sa voix, notamment dans les pianissimi, avec un art admirable. Mais les trois autres n’étaient  pas en reste. Petite remarque au passage: la Hongroise Eszter Sümegi remplaçait au pied levé une artiste malade. Et bien, un grand merci au „pied levé”! Car elle fut absolument remarquable - tout autant que sa fort jolie voisine Claire Matrgaine, compatriote de votre serviteur dont j’ignorais le nom et que je découvre donc ici en Hongrie. Autre petite remarque: en ces temps où les tentations nationalistes ou chauvines sont de mise: quelle belle leçon nous donne la musique qui - plus que toute autre forme d’art - rassemble sans distinction d’origine des artistes d’horizons les plus divers.

Un sans faute également pour l’orchestre et les choeurs de l’Opéra que j’avais rarement entendus si inspirés, répondant au quart de tour, au millimètre près, aux gestes du chef Pinchas Steinberg.

Seule petite réserve: l’interprétation prenait un côté plus spectaculaire que religieux. Très spectaculaire, même, mais sans jamais trahir la moindre trace de facilité ou de mauvais goût (comme cela arrive malheureusement si souvent). En tous les cas, une interprétation qui a ému le public - même les touristes, ce qui n’est pas peu dire!  Fait rarissime à l’Opéra, d’un bout à l’autre, sur les quatre-vingt dix minutes que dure l’oeuvre, on eût entendu une mouche voler.

Religieuse? Et oui! Il s’agit d’une messe, ne l’oublions pas, et telle était précisément l’intention du compositeur: prouver qu’il savait composer autrement que pour la scène, l’occasion lui en étant donnée par la mort du poète Manzoni, qui l’avait d’ailleurs profondément marqué. Fait moins connu: cette composition fut précédée cinq ans plus tôt par l’écriture d’un morceau (le Libera me) sur la mort de Rossini (1868). („Je me suis fait  sérieux et plus batteur d’estrade”)

Religieux? Mmmm.. Certains rejoindont le chef allemand Hans von Bülow qui ne s’était pas privé de débiner à l’époque l’oeuvre de l’Italien en la qualifiant de purement théâtrale et extérieure (mais on sait qu’il fut un partisan de Wagner allergique à Verdi (1)). S’il est vrai que les effets ne manquent pas (timbales, grosse caisse, trompettes – Verdi n’est pas Fauré...), l’oeuvre peut néanmoins s’avérer profondément recueillie. Telle l’avait pensée et voulue son auteur et telle ai-je eu la chance de l’entendre voici quelques années (le 14 octobre 2005) à l’église Mátyás de Budapest. Mais... il faut pour cela le cadre d’une église. Celui de l’Opéra, surtout dans cette salle fastueuse de Budapest avec une scène fort joliment décorée, ne s’y prête pas. Bien au contraire... (2).

Tout était donc fort bien ainsi et je ne suis pas près d’oublier, comme certainement la majotrité des autres auditeurs (spectateurs), ce temps fort qui m’aura, qui nous aura profondémengt émus.

Merci au chef, merci aux solistes, merci aux choeurs et à l’orchestre, et molto grazie à vous maetro Giuseppe !

PW – 29 oct. 2014 

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(): admirateur de Wagner ....  qui le remercia en  lui chipant sa femme Cosima (fille de Liszt).

(): pour une version idéalement équilibrée, on écoutera le merveilleux enregistrement réalisé en 1954 par le chef hongrois Ferenc Fricay à la tête de l’orch. symphonique RIAS de Berlin. Recueillement, émotion, on n’a pas fait mieux depuis.

Következzenek: pronom relatif, pronom adverbials, pronom quantatif...
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