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Ce qui s’est passé le 10 juin 1944 a Oradour  est effrayant. Ce que l’on ignore est que le drame aurait pu se répéter à l’identique, à deux semaines et quelques kilomètres d’intervalle. 

Les faits: sur la route en contrebas du bourg de Nantiat (Limousin), un jeune maquisard isolé se crut malin en tirant de sa mitraillette sur une colonne allemande de 150 à 200 hommes qui passait par là. Sans faire de victime. La riposte fut immédiate, en tirs nourris durant plusieurs minutes, trois obus de mortier tombant même sur la place du village.

A peine un quart d’heure plus tard, le garde champêtre transmettait à la population l’ordre du commandant allemand: que tous les hommes se rassemblent sur la place du village et que les portes des maisons demeurent ouvertes. Parallèllement, le bourg fut encerclé (même scénario qu’à Oradour). Par le truchement d’un interprète alsacien, le commandant ordonna alors aux hommes d’aller chercher et déposer les armes qu’ils étaient soupçonnés de cacher chez eux et de désigner le coupable. Silence, nul ne bougea. Le commandant menaça alors de faire brûler le village.. „comme, dit-il, cela a été fait à Oradour”... „et c’est simple comme bonjour”, ajouta-t’il.

 

 

C’est alors que le curé, qui sortait précisément de dire sa messe, intervint. Il s’agit d’un Lorrain, expulsé de Lorraine en novembre 1940 et réfugié ici avec ses anciens paroissiens. Parlant couramment allemand., c’était un homme de haute taille, à la voix puissante et à la stature imposante.

Se plaçant devant l’officier, le curé lui affirma à haute voix (en allemand) qu’aucune arme n’était cachée dans le village (ce qu’il savait pertinemment faux) et que les gens du village n’avaient absolument rien à voir avec le maquis. Le dialogue dura assez longtemps, mais à aucun moment, le curé ne perdit son sang froid.

C’est alors que l’officier allemand tira de sa vareuse une chaîne avec une croix et invita le curé à jurer dessus. Ce que fit le curé lorrain.

Le commandant donna aux hommes l’ordre de rentrer chez eux et aux soldats de quitter le village.

(Auparavant, le curé lorrain dut encore parlementer, car l’officier voulait exécuter l’un des trois boulangers, accusé de fournir du pain aux maquisards. Finalement il fut libéré.)

Le village de Nantiat était sauvé. Une anecdote en apparence simple, mais dont les conséquences eussent pu être tout aussi effrayantes qu’au village d’Oradour, situé à une quinzaine de kilomètres.

Anecdote simple? Pas tant que cela. Pensons au problème de conscience que put avoir par la suite ce prêtre pour avoir juré un mensonge sur un croix. Mais bon, il n’avait fait là que son devoir, celui de sauver des vies, ce qui lui valut le respect des membres de la communauté, y compris parmi les plus anticléricaux.

Ce curé était mon oncle. Jamais il ne m’en parla, mais nous le sûmes par de très nombreux témoignages (qui nous parviennent aujourd’hui encore), sans parler de son souvenir évoqué ultérieurement par les maires.
Qu’il me pardonne (de là haut) de révéler publiquement ce fait. Mais j’ai cru de mon devoir de le faire, pour prouver que, en ces sombres années, il y avait encore des hommes de force, de courage et d’honneur.

PW- 13 juin 2014

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