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Le jeu de mots est trop facile, et pourtant pleinement justifié: un pur enchantement que cette représentation de la Flûte enchantée au palais des Arts  de Budapest. Par l’orchestre du Festival sous la baguette de son chef et co-fondateur Iván Fischer. Une baguette magique!  

Iván Fischer et sa formation nous avaient déjà comblés dans cette même salle avec une représentation de Don Juan (2011)et des Noces de Figaro (2013)(1).  Un Iván Fischer dont, outre les qualités de chef  universellement reconnu,  les talents de metteur en scène nous sont ici une fois de plus prouvés.

„La Flûte enchantée constitue pour  chacun d’entre nous un merveilleux souvenir (élmény)  de notre  enfance qui nous accompagne tout au long de notre vie. Car cet opéra parle tout en même temps aux enfants et aux adultes. Une oeuvre aux vertus magiques, insondable.” (Iván Fischer)

C’est précisément dans cette optique, en conte pour enfants, que nous est ici présentée l’oeuvre. Nous avons tous connu des représentations diverses de la Flûte, tantôt sérieuses, voire solennelles, accentuant son approche franc-maçonnique, tantôt au contraire en Singspiel populaire à la Schikaneder, avec son léger côté „Hanswurst” (2).  Mais, de la sorte, du pratiquement jamais vu...

Un scène aux dimensions réduites, s’agissant d’une salle de concert. Un espace restreint, mais fort habilement utilisé par Iván Fischer: un plan en deux dimensions, tel un livre d’images par dessus lequel se profilent les personnages ou silouhettes en ombres chinoises. Le tout dans d’agréables coloris en pastel, que ce soit le fond (le livre d’images) ou les costumes.   

En fond: un immense rideau noir plaqué d’un écran géant. Devant: une avant-scène tout juste limitée à  quelques mètres, l’orchestre étant placé dans une fosse. Ecran représentant un immense livre d’images dont les pages tournent au fil de l’action. Le texte étant reproduit, ou plutôt „dessiné” en grandes lettres bien visibles.

Le tout chanté en allemand, mais chaque rôle étant dédoublé par l’intervention d’un acteur s’exprimant en hongrois. Rien de très original en soi, s’agissant d’une pratique fréquemment utilisée. Sauf qu’ici, les deux facettes du personnage (le chanteur et l’acteur) se confondent sans cesse, à tel point que l’on a par moments du mal à les différencier, ce qui n’en rend l’action que plus naturtelle... et aisée à suivre. (Car n’oublions pas qu’au côté des adultes, la représentation s’adresse également aux enfants.) Et comme toujours, avec notre cher Iván Fischer, un spectacle agrémenté ici et là de petites surprises. Tel ce passage du second acte (scène 22)Papageno, légèrement éméché, s’écroule et s’endort. Mais il se relève aussitôt pour chanter son air, partition oblige. Le chanteur allemand assume donc son air. Mais, alors que le dialogue doit reprendre, le Papageno acteur (son double hongrois) oublie de se relever et voici donc notre Allemand affolé, dialoguant en allemand avec une vielle femme (Papagena) qui lui répond en hongrois. Ce dernier suppliant en vain son double hongrois de se relever et réclamant un interprète. Rires du public. Le tout limité à moins d’une petite minute pour ne pas alourdir l’effet. Car ici, tout reste en finesse.

Autre trouvaille du chef: ce va-et-vient constant (invisible depuis la salle) des musiciens entre la fosse et les coulisses tout au long du second acte. Avec même un moment où, partagé en deux, l’ochestre se voit attribuer deux chefs: Fischer dans les coulisses et son assistant dans la fosse. Et, lorsque s’ouvre la scène finale („Die Strahlen der Sonne..”), quelle n’est pas notre surprise de voir le rideau s’ouvrir sur tout l’ochestre au grand complet sur la scène! Comment ont-ils fait pour y arriver tout en jouant? Mystère... et chapeau au passage pour cette petite gymnastique peu évidente. Un opéra qui, au moment des applaudissements, s’achève donc en „version concert” en plein éclairage.

Côté chanteurs: excellentes prestations par une équipe jeune et engagée. Même remarque pour les acteurs hongrois. Une équipe internationale dominée par un couple Pamina/Papageno idéal. Pour Pamina: la soprane catalane  Nuria Rial,  spécialiste de musique ancienne, mais également bien rôdée à l’opéra classique, connue et appréciée des mélomanes pour la pureté de son timbre. Et un Papageno truculent à souhait incarné par le baryton-basse allemand  Hanno Müller-Brachmann, bien connu du public de la Philharmonie de Berlin. A leurs côtés un  excellent Tamino au timbre pur et tout en nuances (le Français  Stanislas de Barbeyrac) et sa toute jeune compatriote  Norma Nahoun en charmante Papagena. Un  bon Monostatos également, parfaitement crédible et sans ces excès outranciers dont on accable parfois le personnage (le Français Rodolphe Briand). Excellentes également, les Trois Dames  Seule petite réserve: Sarastro et, surtout, la Reine de la Nuit. Chantant certes impeccablement leurs notes sans défaillance, même dans les sur-aigus ou graves profondes, mais manquant à mon sens de présence et de style. Quant aux trois jeunes garçons (Die Drei Knaben): chantant fort bien, mais avec des voix trop faibles, à peine audibles. Et, puisque nous en sommes à chercher la petite bête: des tempi (musiciens) et un rythme (acteurs) parfois légèrement ralentis qui peuvent entraîner une impression de longueur dans certaines scènes du second acte.

Mais quel orchestre ! Quelle équipe! Et quel spectacle!

Une magie à ne pas manquer, pour les „jeunes de 7 à 77 ans!” (3)

PW- 7 mars 2015

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(1): http://www.francianyelv.hu/kozosseg/blogok/egy-francia-magyarorszagon-pierre-waline-blogja/des-noces-d-or-au-palais-des-arts-de-budapest

(2) : Singspiel : opéra populaire de langue allemande (précisément créé à cette époque- fin XVIIIème), sorte de musical avant l’heure.

        Emanuel Schikaneder : ami de Mozart, personnage haut en couleurs. Tout à la fois homme d’affaires, régisseur de théâtre, librettiste et acteur. C’est lui qui écrivit le livret de la Flûte et créa le rôle de Papageno (septembre-octobre 1791 dans son théâtre auf der Wieden, situé dans un faubourg populaire de la ville).

         Hanswurst : personnage comique du théâtre de rue allemand, particulièrement populaire en Autriche.

(3) : … mais affichant complet pour les trois concerts des 7, 9 et 11 mars. (Le présent compte rendu se base sur la Générale donnée le 6 mars).

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