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Alors que le monde chrétien célèbre la naissance de Jésus, ce 25 décembre correspond également à un autre anniversaire, pratiquement passé inaperçu: la naissance du Royaume de Hongrie. C´est, en effet ce jour-là que le prince Étienne (István) aurait été couronné roi des Magyars.

Qui était-il? Descendant du prince Árpád, qui mena les tribus hongroises dans le bassin des Carpathes où elles se sont définitivement établies, Etienne était le fils du Grand Prince Géza. Géza, le premier païen a avoir épousé la religion chrétienne. Non tant par conviction que par intérêt. Après avoir entrepris des incursions, semant la terreur, jusqu´en Aquitaine („De sagittis Hungarorum, libera nos, Domine!”), les cavaliers magyars furent définitivement battus par les troupes coalisées de l´empereur Otthon près d´Augsbourg (955). Comprenant alors qu´il leur valait mieux se mettre en paix avec ce dernier, partant adopter sa religion. Non sans avoir habilement fait jouer la concurrence entre Rome et Byzance pour prendre finalement le parti de Rome. Géza qui tenta d´imposer par la force la religion chrétienne à ses sujets mais ne cessa jamais de vénérer tout en même temps les dieux païens. La chronique le décrit comme un monarque cruel, despote qui aurait renforcé par la violence son autorité sur les nobles magyars.

La date de naissance d'Étienne est inconnue car elle ne figure dans aucun document. La plus probable est celle de 975. Né sous le nom de Vajk, Étienne ne fut baptisé que vers l´âge de 15 ans, peu avant la mort de son père. Le choix du prénom ayant porté sur Étienne, le premier martyr chrétien. Sa mère, Sarolt, était la fille d´un chef tribal régnant sur la Transylvanie, Gyula, probablement baptisé à Constantinople et resté fidèle au christianisme.

C´est donc le 25 décembre de l´An Mil qu´Étienne aurait été couronné roi des Magyars dans la ville de Székesfehérvár. (Ou le 1er janvier 1001, les sources variant.) La couronne lui ayant été envoyée par un pape français, Sylvestre II (1). Un règne qui débuta par une lutte sans merci contre une résistance farouche des chefs païens. Outre le rejet de la religion chrétienne, ceux-ci s´opposaient au principe d´hérédité que voulait imposer le roi, face à leur tradition de désigner l´aîné des leurs aux successions. C´est à l´époque un certain Koppány qui aurait dû être désigné, qui régnait alors sur la Tansylvanie. Une lutte impitoyable s´ensuivit, qui s´acheva avec la défaite et l´éxécution de Koppány. (Selon la coutume, Koppány avait épousé Sarolt, la veuve de Géza)

Si, comme son père, Etienne se montra inflexible, voire féroce, pour imposer à ses sujets la religion catholique et la faire pratiquer, il se révéla néanmoins monarque à l´esprit ouvert, en avance sur son temps. Telle cette injonction adressée à son fils Imre, l´invitant à ne pas fermer le royaume aux étrangers, sous peine d´étouffement. Lui-même, qui avait épousé Gisèle, fille du Duc de Bavière, fit venir des colons allemands et moines, notamment de l´abbaye de Cluny. Il fut canonisé en 1083, soit un demi-siècle seulement après sa mort (survenue en 1038).

Législateur né, Etienne jeta les bases d´institutions solides dont certaines encore en place de nos jours, tels les comitats et les diocèses. On peut le considérer comme l´inspirateur des futures constitutions et unificateur du royaume (2). Un royaume qui allait connaître non moins de six principales dynasties (3) et dont l´histoire, après cinq siècles de relative prospérité, allait traverser cinq siècles de vicissitudes avec la prise du pouvoir par les Habsbourg suite à l´invasion turque de 1526. Qui ne prit fin qu´avec la Constitution de 1949 après 25 années d´une Régence assurée par l´amiral Horthy (abstraction faite du bref intermède de la Commune de 1919 et de la dictature nazie des Croix Fléchées de 1944-45).

Qu´est-il aujourd´hui? Un culte d´Etienne (István) plus vivant que jamais. Sans oublier la Couronne, érigée en symbole sacré du pays. Une couronne qui subit maintes péripéties, récemment restituée après avoir été conservée en terre étrangère, aujourd´hui exposée et scrupuleusement gardée dans l´enceinte du Parlement (4).

Témoin de ce culte, un opéra rock donné en 1983, „István a király” („Le Roi Étienne”) qui fait encore fureur. et est pratiquement regardé ou écouté dans tous les foyers. Un culte qui demeure toutefois aujourd´hui ambigü dans la mesure où la politique est venue s´en mêler. Les admirateurs d´Etienne étant par certains assimilés aux partisans du monde occidental, face à Koppány qui symboliserait l´attachement aux racines du peuple magyar. Ceci en allusion aux tendances de la diplomatie officielle qui jette un regard bienveillant en direction de l´Orient, notamment vers l´Asie centrale et le monde turcophone. Face à des institutions européennes vivement critiquées. Un débat pour le moins tortueux et anachronique qui nous mène bien loin du sujet. Laissons donc là nos politiques et leurs petites joutes de cour d´école pour en revenir à Etienne. Ce fondateur du Royaume dont, en ce lendemain de Noël, il n´était pas de trop d´évoquer le souvenir. Celui d´un souverain visionnaire et inspiré à qui le pays doit tant.

Nous aussi, le lui devions bien....

Pierre Waline, 26 décembre 2020

(1): Gerbert d´Aurillac, dit „le savant Gerbert”, inhumé dans la basilique St-Jean-de-Latran.

(2): le jour de sa fête, 20 août, déclaré Fête nationale, correspond également à la fête de la Constitution.

(3): Árpád, Aujou (de Sicile), Luxembourg, Hunyadi, Jagellons, Habsbourg

(4): couronne qui ne correspond plus à l´original, ayant subi plusieurs ajouts. Pour la petite histoire: la croix qui la domine est placée de travers. On ne sait pas trop pourquoi, probablement, suppose-t´on, pour avoir été un moment enfouie sous terre (ou enfermée dans un étui trop étroit...). Mais d´autres hypothèses sont avancées.

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