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Chacun le sait, Victor Hugo, outre ses talents d´écrivain, se révéla être par ailleurs un excellent aquarelliste. Sur ce plan, les musciens ne sont pas en reste, à commencer par Mendelssohn qui nous a laissé de merveilleux dessins et aquarelles. Mais nous y reviendrons, car il n´est pas le seul.

S´il fallait décerner la palme, c´est sans nul doute à un compositeur mal connu et qui nous a pourtant laissé des oeuvres de grande qualité, qu´elle reviendrait: Joseph Boulogne, chevalier de Saint-George (1745-1799). Né à la Guadeloupe d´une esclave noire et d´un riche exploitant, ancien fermier général. cet homme „haut en couleur” connut une vie particulèrement mouvementée. Débarqué très jeune à Paris où il est adopté d´emblée par une famille de la noblesse, le jeune homme reçoit la formation qui sied alors à un homme du monde, notamment dans le maniement de l´épée. Au point qu´il va très rapidement se forger dans l´Europe entière la réputation d´un redoutable escrimeur. Remarqué non seulement par la cour de Versailles, mais également auprès de la cour d´Angleterre. Parrainé au départ par le duc d´Orléans, Saint-George (c´est ainsi qu´on l´appelle) se fera une place de choix dans l´entourage des rois, notamment auprès de Marie-Antoinette. Mais aussi protégé du Prince de Galles. Ce dernier qui se plaît à lui organiser des duels, dont un, qui eut grand retentissement, avec le chevalier d´Éon. Capitaine de la Garde nationale, Saint George se voit confier la tâche de monter un régiment des Noirs, la Légion nationale des Américains et du Midi, où sera notamment enrôlé le grand-père d´Alexandre Dumas. Pour se battre ensuite dans les rangs de la Révolution. Mais, si son nom nous est aujourd´hui resté, c´est en tant que musicien. Violoniste réputé, Saint George nous a laissé 8 opéras, 9 symphonies, ainsi que des quatuors, sonates pour violon et clavier, mais surtout des concertos de violon dont la qualité n´aurait pas fait rougir Mozart. Par ailleurs, successeur de Gossec à la tête du Concert des Amateurs, c´est lui qui fondera le fameux Concert de la Loge olympique, pour lequel Haydn écrira ses symphonies parisiennes. Pour celles et ceux qui souhaiteraient le découvrir, nous ne saurions que recommander l´écoute de ses concertos pour violon, plusieurs fois enregistrés.

Saint George

Sur le plan de la diversité des talents, difficile de faire mieux. Et pourtant, il en est un autre qui mérite de lui partager la vedette: son aîné et contemporain François-André Philidor (1726-1795). Issu d´une célèbre lignée de musiciens, Philidor nous a laissé de nombreux opéras dont certains sont encore aujourd´hui joués. Écrits dans un style léger, agréable à l´écoute, très „français”, qui connurent à l´époque un grand succès. Mais si son nom nous est resté, c´est peut-être tout autant pour sa passion des échecs. Joueur chevronné qui, à l´instar de Saint-Georges pour l´escrime, se tailla une renommée bien au-delà des frontières du royaume. Notamment à Londres où, membre du St James Chess Club, il fut souvent invité. Ayant battu les maîtres les plus célèbres de son temps, Philidor nous a laissé un traité, „Analyse du jeu d´échec” qui fit l´objet d´une centaine d´éditions, aujourd´hui encore reconnu par les spécialistes. Parmi ses opéras, nous recommanderons le spirituel „Les Femmes vengées” et le truculent „Sancho Pança”, qui ont fait l´objet d´enregistrements (Naxos).

De façon moins spectaculaire, voire plus intime, nous avons mentionné plus haut Felix Mendelssohn. Excellent dessinateur et aquarelliste, Mendelssohn avait pris l´habitude d´emporter avec lui un carnet lors de ses voyages. Carnets sur lesquels il croquait les sites qu´il avait pu admirer. Sortes d´albums souvenir, un peu à la façon des albums photos de nos touristes d´aujourd´hui. Dessins et aquarelles d´une grande finesse, qui nous sont heureusement restés. Finesse qui n´est pas sans rappeler celle que l´on retrouve dans sa musique. Puisque nous évoquons Mendelssohn, nous ne saurions passer sous silence son ami Robert Schumann et ses talents d´écrivain, pour le coup peu connus. Et pourtant… Fils de libraire, le jeune Robert avait très tôt pris goût à la lecture et à l´écriture. Attiré par la littérature, Schumman était entre autres un fervent admirateur de Paul Richter. Ce n´est pas pour rien qu´on le qualifie parfois de «pianiste, poète et philosophe». A titre d´exemple, nous citerons la description d’un périple effectué à 19 ans entre Coblence et Mayence: « La belle ruine d’Ehrenfels laissait tomber sur moi et sur le Mäuseturm un regard dédaigneux. Le soleil se coucha dans une gloire royale, puis ce fut le calme du crépuscule. A la rive de Rüdesheim étaient amarrés des bateaux chargés de vie et d’animation ; des enfants merveilleux jouaient gaiement sur le bord du fleuve, si bien que je faillis en oublier le lever de la lune…. Pas un souffle ne ridait l’eau, l’éther lunaire était d’une pureté bleutée. Rüdesheim avec ses sombres ruines romaines se mirait dans l’onde que la lune transfigurait magiquement… » . Belle description, quelle poésie !

Mendelssohn

Dans un genre totalement différent, nous ne saurions enfin passer sous silence notre cher Rossini et ses talents culinaires. Pour le coup au moins autant connus du grand public que ses opéras. A chacun vient à l´esprit son faneux „tournedos Rossini” aujourd´hui encore à la carte de nos restaurants. Mais ce bon vivant qui aimait la bonne chère nous en a laissé d´autres. Une anecdote cocasse, pour terminer: se rendant chez un marchand réputé de pâtes italiennes, notre ami, pour moi „le plus parisien des Italiens” et „le plus italien des Parisiens”, nous rapporte ce qui suit. Commentant en détail les qualités de telle ou telle pâte, Rossini se voit demander par le vendeur, admiratif: „Mais que faites-vous dans la vie?” Réponse.: „Je fais de la musique”. Là-dessus, le vendeur de lui rétorquer: „J´espère que vous vous y connaissez autant en musique qu´en pâtes!”. Loin de s´en offusquer, Rossini se plaisait à rapporter l´anecdote à ses amis. Ce qui, au passage, en dit long sur son bon caractère et son sens de l´humour…

Nous pourions ainsi continuer l´énumération, mais nous nous arrêterons là. Non sans évoquer brièvement un sujet qui, s´il sort de notre propos, mérite néanmoins d´être cité: les passions ou manies de certains qui, si elles ne relèvent pas du talent, sont néanmoins révélatrices. Tel Mozart, grand adepte du billard – il en possédait un chez lui – jeu que, vu son expérience en la matière, il maniait probablement avec habileté. Dans un genre tout-à-fait différent, citons la passion de Debussy pour les antiquités, principalement les arts plastiques.

Sans parler, débordant largement de notre sujet, de ces compositeurs qui, au-delà du temps consactré à la création, exercèrent une profession à temps plein: médecins, juristes ou, comme Saint-Georges, militaires. Tel Rimsky-Korsakov, brillant officier de marine (qui se vit confier l´inspection des orchestres de la Marine). Ou, plus malheureux, son compatriote Moussorgski, pour un bref temps intégré au prestigieux régiment de cavalerie de la garde impériale Préobrajensky, régiment qu´il quitta rapidement pour finir misérablement ses jours comme „modeste” (et oui!…) gratte-papier dans une administration.

Comme l´on voit, ces compositeurs, que nous mettons aujourd´hui sur un piédestal, se révélaient pour beaucoup être avant tout des êtres humains avec leurs points forts et leurs faiblesses. Ce qui nous les en rend que plus chers, plus proches, plus accessibles.

 

Pierre Waine (27 mai 2020) 

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