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Egy francia Magyarországon - Pierre Waline blogja

Francia születésű, nyugdijas vagyok, Pesten élek. Szeretek itt élni, szeretem Magyarrszágot, a nyelvet, a kultúrát, de jó néha hazamenni Párizsba is. Szeretem a klasszikus zenét. Fontos számomra a kommunikáció, meg a harc az intolerancia és a rasszizmus ellen.

Bof....
Déteste par dessus tout l'intolérance, le nationalisme et le racisme, encore trop répandus...
Mindenek elött a nacionálzmus, az intolerancia és a racizmus ellen szeretnék küzdeni, amelyek sajnos tul gyakori jelenségek a mai világban...

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Connaissez-vous la ville de Pécs en Hongrie? Située dans le Sud-Ouest du pays, aux confins de la Croatie, au pied d´un petit massif montagneux (le Mecsek), Pécs (150 000 h, prononcer „pétch”) est sans aucun doute l´une des plus charmantes villes de Hongrie, pour beaucoup la ville préférée des Hongrois après Budapest. Située à l´emplacement de la Sopianae des Romains, Pécs (en allemand Fünfkirchen) était déjà connue avant l´arrivée des Magyars au Xème siècle. Saint Etienne y fonda un épiscopat en 1009. Elle abrite la plus ancienne université du pays, fondée en 1367. Déclarée „ville libre” par Marie-Thérèse en 1780, Pécs abrite par ailleurs l´une des plus célèbres manufactures de porcelaine du pays, la manufacture de Zsolnay. Elle est la ville natale du peintre Vasarely (musée). Également caractérisée par la présence d´une partie de sa population d´origine croate et souabe qui lui confère une grande diversité culturelle. Enfin à signaler que Pécs possède l´une des rares anciennes mosquées demeurées intactes en Europe (construite par les Ottomans), transformée en église. Il n´est donc pas étonnant qu´elle fût déclarée capitale européenne de la culture en 2010. Mais il y a autre chose encore: Pécs abrite l´une des meilleures formations musicales du pays, la Philharmonie de Pannonie (Pannon filharmonikusok). Fondée sous sa forme actuelle en 2000, la Philharmonie de Pécs est l´émanation du plus ancien orchestre du pays, fondé en 1811. De plus, se produisant, dit-on, dans l´un des plus beaux auditoriums d´Europe.

Une formation qui monte fréquemment sur la capitale pour s´y produire dans le cadre du alais des Arts (Müpa) où lui est toujours réservé le meilleur accueil. Tel fut le cas d´un concert donné ce 29 janvier, concert de gala consacré à Rossini. Donné sans public, mais retransmis sur les réseaux.

Au programme: extraits de cinq opéras (ouvertures et airs) ponctués par le fameux Duo des chats (1). Les solistes: la mezzo-soprano Dorottya Láng, le ténor István Horváth et le baryton-basse Péter Kálmán. Le tout placé sous la baguette du jeune chef allemand Nikolas Nägele. A relever, une brochette de solistes au plus haut niveau, non seulement excellents chanteurs, mais remarquables acteurs. Notamment un Péter Kálmán truculent, dans des rôles, il est vrai, qui s´y prêtaient à merveille (Mustafa, Bartolo). Un temps fort, le duo Almaviva-Bartolo au 1er acte du Barbier. Seule très légère réserve, l´air confié au ténor „Ne m´abandonne pas,… Asile” de Guillaume Tell, fort bien chanté certes, mais qui détonnait avec le reste et chanté avec accent. Mais ne lui jetons pas la pierre.. Sinon (et même ici..) une prestation remarquable des trois chanteurs. Quant à l´orchestre, placés sous la baguette vive et alerte du jeune chef allemand, ses musiciens nous ont offert une interprétation légère et enlevée. Si le concert fut donné sans public, il est aisé de juger de son succès par les innombrables messages enthousiastes qui l´ont accompagné tout au long de la représentation.

Une belle soirée, donc, placée sous le signe de Rossini, qui nous a fait passer quatre-vingt dix minutes délicieuses, ce qui n´est pas de trop par les temps qui courent. Un grand merci aux musciens, aux solistes et à leur chef. Des remerciements qui s´adressent également aux animateurs du site, le Palais des Arts. Qui ont pris audacieusement le parti de nous offrir chaque soir un concert sur le web (en direct ou en différé). Chaque soir, soit davanatage encore qu´en temps normal.

Cerise sur le gâteau: en liaison avec Iván Fischer et son Orchestre du Festival (BFZ), ils nous annoncent pour le premier dimanche de février un marathon Liszt-Berlioz. Suivi de chez soi, donc, mais selon le schéma habituel avec concerts et récitals non stop du matin au soir. Mais ils ne sont pas les seuls. Tel l´ensemble Concerto Budapest avec entre autres un fort beau concert donné le 24 janvier dermier dans la salle de l´Académie de Musique (Zeneakadémia). Concert Haydn-Mozart-Beethoven placé sous la direction de György Vashegyi avec en solistes la soprane Katalin Szutrely (Mozart: „Chui me scorde..” K505, Beethoven „Ah, perfido” op65) et le jeune pianiste Mihály Berecz (Mozart, concerto K.450).

Comme on peut donc en juger, loin de freiner l´activité musicale en Hongrie, la pandémie nous offre au contraire mille occasions de suivre nos orchestres et compositeurs préférés. Sur le net, certes, mais sans (trop) perdre du plaisir que nous y prenons. Reste à savoir comment, en l´absence de subventions conséquentes, ils parviendrontt à s´en sortir et jusqu´à quand ? Probablement au prix de sérieux sacrifices. Mais c´est là une autre question… En tous les cas, tirons leur notre chapeau et prions le ciel qu´il leur prête encore longue vie….pour notre plaisir... (2)

Pierre Waline, 30 janvier 2021

(1): l´Italienne à Alger, le Barbier de Séville, Guillaume Tell, Tancrède et Cendrillon.

(2): les responsables de l´Orchestre du Danube de Budapest (Duna zenekar) fondé en 1961 nous annoncent, sauf miracle, leur cessation d´activité pour le 31 mai prochain.


 

Ce 22 janvier, les Hongrois célébraient la „Journée de la Culture hongroise”. Une célébration très suivie non seulement en Hongrie, mais également par les milieux de la diaspora. Journée instaurée en 1989, en souvenir de la rédaction du texte de l´hymne national par le poète Ferenc Kölcsey le 22 janvier 1823 (publié en 1832).

Poème intitulé „Hymne”, certes, mais qui n´avait au départ nullement vocation à servir d´hymne national. Ce n´est que vingt années plus tard, en 1844, qu´il fut mis en musique par le compositeur Ferenc Erkel, à la suite d´un concours lancé par le directeur du Théâtre national. Ici encore sans viser à en faire un hymne national. C´est bien plus tard, en 1903, qu il fut reconnu comme tel. (De facto et non de jure, François-Joseph refusant d´en valider la légitimité.) Auparavant, les Hongrois ne possédaient pas d´hymne, le seul reconnu par les autorités étant l´hymne impérial autrichien. Pour exprimer leur identité nationale, il leur restait des chants religieux, ou encore la fameuse „Marche de Rákóczi”, par la suite orchestrée par Berlioz. (Encore jouée de nos jours dans les cérémonies officielles.)


A relever que, presque parallèllement au poème de Kölcsey, en était paru un autre sous la plume du poète Vörösmarty sous le titre de „Manifeste” („Szózat”). Avec l´ambition d´en faire l´hymne national, ce qui suscita de longs et vifs débats sans issue. Ecrit en 1836, il fut mis en musique en 1843, tout comme l´autre sur concours. Comme l´Hymne de Kölcsey, le Szózat fut dans un premier temps publié dans la revue Aurora.

Débutant, comme le „God save the King”, par une imploration du Ciel („Dieu, bénis le Hongrois”), l´hymne national des Hongrois présente un caractère profondément religieux. Au point qu´en 1949, les autorités communistes cherchèrent à le remplacer par un nouvel hymne. Tentative qui se solda par un échec (1). Son caractère religieux fait qu´il est souvent chanté à la fin des messes et offices. Usage sacro saint, déjà pratiqué sous le régime communiste. Un caractère religieux et un ton de recueillement, mais aussi une complainte sur les malheurs du peuple hongrois („Ce peuple a largement payé pour les temps passés ou à venir.") (2). On retrouve ici une caractéristique assez typique de la mémoire collective du peuple magyar qui le distingue des autres peuples. Recueillement, sorte de prière, que la musique rend parfaitement, sans ostentation, chantée sur un tempo retenu qui lui confère une certaine dignité. Sur un plan purement musical, je serais presque tenté de la comparer par son climat aux notes du „Va pensiero” de Verdi ou de la „Prière” du Moïse de Rossini. Ce qui le place, musique et paroles, à l´opposé de notre „Marseillaise” (qui, ne l’oublions pas, était au départ une marche) et le distingue de la plupart des hymnes nationaux.

Une particularité: non seulement le texte (introduit dans la constitution en 1989), mais la partition figure, partie intégante, en annexe de la nouvelle Loi Fondamentale de 2011. C´est dire l´importance qui y est attachée. Une musique au demeurant fort belle que l´on ne se lasse pas d´écouter et réécouter (...et les occasions ne manquent pas...).

Certes, la vocation de tout hymne, par définition, est de rassembler un peuple. Mais ici, sa portée va bien au-delà. Considéré, plus qu´un hymne, comme une prière nationale, leur hymne constitue un ciment très fort entre des Hongrois aujourd´hui souvent divisés. Revêtant à leurs yeux un caractère sacré qui le place par dessus tout le reste. Privilège suffisamment rare pour être mentionné. (3)

Souhaitons donc longue vie au peuple magyar et à son hymne. Que le Ciel le bénisse!

 

Pierre Waline, 25 janvier 2021.

(1): une commande fut passée au poète Ilyés pour le texte et à Kodály pour la musique, commande que ce dernier rejeta. Une tentative pour le remplacer par le Szózat échoua également.

(2):Le poème de Kölcsey portait le sous-titre: „Du fond des siècles tumultueux du peuple hongrois” („A magyar nép zivataros századaiból“)

(3): „Bénis le Hongrois, ô Seigneur, Fais qu’il soit heureux et prospère, Tends vers lui ton bras protecteur Quand il affronte l’adversaire ! Donne à qui fut longtemps broyé, Des jours paisibles et sans peine ; Ce peuple a largement payé Pour les temps passés ou à venir." (Traduction Jean Rousselot)



 

Le chef hongrois Iván Fischer fêtait ce 20 janvier ses soixante-dix ans.

En ces lendemains de réveillon, rien de tel pour nous remonter que de débuter l´année en musique.

Décidément, nous sommes gâtés… Après Beethoven, nous célèbrerons en novembre prochain le centenaire de la naissance d´un autre grand musicien: Georges (György) Cziffra.

Alors que le monde chrétien célèbre la naissance de Jésus, ce 25 décembre correspond également à un autre anniversaire, pratiquement passé inaperçu: la naissance du Royaume de Hongrie.

A l´occasion du bi-centcinquantenaire de sa naissance, les mélomanes sont gâtés.

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