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Egy francia Magyarországon - Pierre Waline blogja

Francia születésű, nyugdijas vagyok, Pesten élek. Szeretek itt élni, szeretem Magyarrszágot, a nyelvet, a kultúrát, de jó néha hazamenni Párizsba is. Szeretem a klasszikus zenét. Fontos számomra a kommunikáció, meg a harc az intolerancia és a rasszizmus ellen.

Bof....
Déteste par dessus tout l'intolérance, le nationalisme et le racisme, encore trop répandus...
Mindenek elött a nacionálzmus, az intolerancia és a racizmus ellen szeretnék küzdeni, amelyek sajnos tul gyakori jelenségek a mai világban...

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Ce 6 janvier, nos compatriotes vont, comme chaque année, „tirer les rois” autour de cette fameuse et si délicieuse galette. Une tradition bien ancrée, au point qu’elle se patique tout autant sur les lieux de travail qu’entre amis ou en famille. Une coutume dont l’origine remonte aux plus anciens temps. Déjà sous les Romains, l’habitude était prise en fin d’année de célébrer Saturnus, dieu du sommeil.

En cette occasion (saturniales), probablement dans l’espoir de voir le dieu préférer garder le sommeil et laisser son petit monde en paix sur les 11 mois restants, le monde romain était littéralement tombé sur la tête. C’est ainsi qu’inversant les rôles, les esclaves étaient invités à élire, pour le temps de la fête, un roi, le „saturnalicius princeps », l’élection se déroulant à l’aide de fèves.

Tradition reprise en partie au Moyen-Âge, mais plutôt pour y honorer les jeunes mamans venant d’acoucher. C’est en fait plus tard, lors du carnaval, qu’elle se répandit, dans un premier temps dans les cours princières et royales où l’on élisait pour un jour un roi de farce. Tradition qui commença à se répandre dans la population vers la fin du XVIIIème siècle, au point qu’elle continua à se pratiquer durant la Révolution malgré son interdiction. Une tradition au demeurant suivie non seulement en France, mais en Belgique, en Espagne et au Portugal, voire au Québec, à la Nouvelle Orléans et, sous une variante légèrement différente, en Amérique latine. (Pour ce qui nous concerne, nous autres Français, il est au passage cocasse de voir si attaché à cette tradition un peuple qui n’a pourtant pas hésité à trancher la tête de son roi... Mais bon, ne pinaillons pas!...)

Bien que destinée à célébrer la visite des trois Rois Mages auprès de l’Enfant Jésus, on pourrait davantage y voir une tradition païenne.

Rien à voir avec ce qui se passe en Hongrie ce même jour. Ici, sous le nom quasiment intraduisible de Vízkereszt (eau baptismale), la tradition repose sur une base plus fidèle à la religion. Pour célébrer la visite des Mages, bien sûr, mais aussi le baptême du Christ.

Pour fêter donc symboliquement l’eau du baptême. Une eau (bénite) à laquelle on attribuait autrefois des vertus curatives et que l’on faisait boire aux aninaux pour les préserver de la maladie tout au long de l’année. Mais les paysans s’en aspergeaient souvent eux-mêmes, voire en répandaient sur les berceaux et en versaient sur le sol devant leur maison.  A cette occasion étaient inscrites sur la façade des maisons le trois lettres G + M + B  correspondant aux noms des trois Mages. Cérémonie qui se déroulait en présence du curé.

Si aujourd’hui, la tradition n’est plus guère répandue, sinon peut-être symboliquement dans les campagnes, il n’en demeure pas moins que la fête revêt un certaine importance en Hongrie, immanquablement évoquée dans les médias.

Une association curieuse entre le bapême du Christ (alors adulte) et l’Enfant Jésus qui peut surprendre, certes, mais a peut-être sa logique. Une fête non seulement célébrée dans la Hongrie catholique (et probablement dans les pays voisins), mais surtout dans le monde orthodoxe où elle revêt une importance particulière.

 Galette d’un côté, eau bénite de l’autre... Pour ma part, je pendrais bien des deux. Tiens, pourquoi pas une galette arrosée d’un peu d’eau bénite ? Ce qui, du même coup, en faciliterait la digestion et ferait le bonheur des diabétiques. Qui sait?

PW – janvier 2017/2019/2020

Célébré aujourd´hui le premier janvier pour débuter la nouvelle année calendaire, le Jour de l´An a revêtu par le passé une toute autre forme. Fêté à l´origine pour célébrer le renouveau de la nature, donc le printemps. Tout d´abord dans la Babylone antique, puis chez les Egyptiens lors de la crue du Nil, promesse de fertilité. Enfin chez les Romains où il correspondait, comme chez les Hébreux, au mois de mars. C´est Jules César qui, en 45 avant notre ère, décida de le consacrer à Janus (Janvier), dieu à double face, pour symboliser la transition entre le passé et l´avenir.

 

Tradition qui fut loin d´être reprise par la suite, la date retenue pour débuter l´année variant selon les époques. Tel, chez nous, Noël sous Charlemagne ou encore le jour de Pâques sous les premiers rois captétiens. Ce n'est qu´au XVIème siècle que Charles IX la fixa au Premier janvier, suivi du pape Grégoire XIII, dans un souci d´harmonisation des fêtes religieuses. Mais une date qui fut loin d´être généralement respectée en fonction des coutumes locales. Sans parler de la Révolution qui la fixa au 1er Vendémiaire, période des vendanges.

Comme l´on voit, une évolution particulièrement confuse. De plus, pour compliquer le tout, un Nouvel An aujourd´hui encore différemment célébré chez certains peuples. Tels les Chinois, qui le fêtent entre la mi-janvier et la mi-février, ou les Tibétains en février. Dans la religion Juive, la nouvelle année "Roch Hana" se fête en septembre-octobre. Sans parler du décalage entre les calendriers grégorien (église catholique romaine) et julien (églises orthodoxes).

Malgré tout, si chacun continue à respecter sa propre tradition, le Premier Janvier - souvent jour férié - se fête aujourd´hui de façon pratiquement généralisée. Habitude qui s´est amplifiée avec la multiplication des médias. De sorte que chacun peu désormais suivre vingt-quatre heures durant sur son écran la fête d´Aukland à Anchorage...

Mais ici encore, les coutumes varient considérablement, parfois surprenantes. Marquant généralement un souhait de prospérité. Tout d´abord (Japon, Russie, Pologne) en s´efforçant de se libérer de ses dettes. Chez nos voisins anglais, il est recommandé de se glisser dans la poche une pièce de monnaie et une pincée de sel pour se garantir richesse et nourriture. Pratique du «First footing» en Écosse: bonheur assuré à celle ou celui qui franchira le seuil en premier. Moins discret, le tapage pratiqué dans les rues de Sidney en frappant sur des casseroles (faire fuire les mauvais génies?). Au Pérou, en choisissant la couleur du vêtement porté ce jour-là selon ses souhaits (rouge pour l´amour, jaune pour l´argent). Chez nos voisins espagnols en avalant un grain de raisin à chaque coup de minuit. Embrassade sous le gui en France. Et caetera, et caetera… Encore que je doute que ces traditions soient aujourd´hui suivies à la lettre. Sans parler du réveillon dont le menu est également très variable d´un pays à l´autre. Ce qui demeure commun est, où que l´on soit, le lancement d´un feu d´artifice accompagné d´illuminations. Suivi de bals jusqu´à l´aube.

Et, une fois les lampions de la fête éteints? Pour peu que l´on ait recouvré tous ses esprits, visite auprès des parents et proches pour un échange de voeux (qui avaient déjà été formulés par l´envoi de cartes ou de messages). Pour ce qui nous concerne de façon plus rapprochée, n´omettons pas d´évoquer une coutume bien sympathique: le fameux concert du Nouvel An donné le matin à la Philharmonie de Vienne. Suivi le soir de la Création de Haydn donnée à Budapest. Budapest où la foule, accompagnée de nombreux touristes, se précipite à minuit vers le Pont de Chaînes pour applaudir le feu d´artifice donné sur le Danube. Non sans avoir parcouru en tous sens les rues de la ville, armée de trompettes et petits chapeaux en carton, certains n´hésitant pas à se munir de pétards, malgré une réglementation sévère. Habitude dangereuse, sans parler de la peur qu´elle provoque auprès des animaux, notamment des chiens, dont beaucoup prennent la fuite cette nuit-là.

Et tout cela pour fêter quoi au juste? Somme toute une nuit comme une autre. Certes agrémentée de promesses et de voeux en tous genres. Qui seront tenus jusqu´à quand? A voir… Une occasion, par contre, à saluer: celle de revenir sur les événements de l´année écoulée, notamment d´évoquer la mémoire des personnalités, amis et proches qui nous ont quittés.


Bonne Année, BUÉK (1), à toutes et à tous!

Pierre Waline, 30 décembre 2019

(1): abrégé de „Boldog Új Évet Kivánok” („Je vous Souhaite une Bonne Année”) en hongrois.



 

 

Remontant au IVème siècle, la célébration de la Nativité fut fixée, comme on sait, au solstice d´hiver. Date précédemment choise par certains peuples païens pour célébrer la renaissance du soleil. Certes. Mais, au-delà de ce symbole, que signifie donc Noël? Pour les chrétiens croyants, la venue sur terre de celui qui, fils de Dieu, nous apportera par son sacrifice sur la Croix la rédemption et un message d´amour. Message d´amour … et d´humilité, si l´on se réfère aux circonsatnces de la naissance de Jésus rapportées dans les Évangiles. Pour les autres, une occasion de faire également passer ou renouveler un message d´amour, partant de participer à une sorte de purification et de renouveau. Du moins est-ce ainsi que je le perçois.

 

 

Et c´est ainsi que la naissance du Christ fut célébrée au cours des siècles. Pour se voir progressivement élargie en fête universelle, sorte de trêve sacrée consacrée à la paix entre les hommes. Une célébration qui fut suivie au XIIIème siècle par l´instauration de crèches vivantes, par la suite mutées dans les familles en cette crèche traditionnelle que nous connaissons de nos jours. Devenue par assimiltation la fête des enfants avec remise de cadeaux. Des cadeaux le plus généralement délivrés, sous différentes variantes, mais toujours entourées de mystère et de magie, par le Père Noël ou Santa Claus, émanation de St Nicolas apparue au XIXème siècle (1). Telle est la fête que nous avons connue dans notre enfance.

 

 

Qu´en est-il aujourd´hui? Avec la multplication des centres commerciaux, la propagation à outrance des spots publicitaires sur les médias, Noël semble avoir beaucoup perdu de son sens. Mis à part dans les milieux pratiquants, et encore !… Certes, une fête pour beaucoup déchristianisée, devenue fête populaire. Mais là n´est pas le plus grand mal, au contraire, pour peu que l´on en respecte le caractère sacré, du moins au sens figuré du terme. Le mal vient de son exploitation par le monde du commerce dans cette société de consommation effrénée où nous vivons aujourd´hui. Et sans aucun respect pour la préparation, de nombreuses annonces et mises en vente s´effectuant dès le mois précédent. Quant à cette ambiance de magie avec cette délicieuse attente de la surprise qui fascinait jadis les enfants, n´en parlons plus! Beaucoup accompagent désormais eux-mêmes papa et maman pour assister à l´achat du cadeau. Qui, certes, ne leur sera remis que le 25, mais le charme est rompu.

Malgré tout, ne soyons pas si pessimistes. Grâce à Dieu, on trouve aujourd´hui encore de nombreux foyers, pratiquants ou non, qui s´attachent à respecter la tradition. Sans parler, heureuse consolation, de ces beaux chants de Noël encore entendus non seulement dans nos églises et nos temples, mais sur les ondes ou sur la voie publique (2). Jusqu´à quand? Peut-on espérer un retour progressif des jeunes générations vers la coutume de jadis? Ne croyons pas trop au Père Noël !…

Malgré tout: Bonne Fête de Noël… et d´Hanoucca à nos amis israélites!

 

Pierre Waline, 24 décembre 2019

 

(1): le Télapó des Hongrois, mais un pays où c´est encore, dans certaines familles, le Petit Jésus (Jezuska) qui apporte les cadeaux…

(2): encore que j´aie récemment dû subir une version pop du Stille Nacht….

De l´Elbe à la Tamise”, tel est le titre choisi par ses organisateurs pour annoncer un concert donné au Palais des Arts de Budapest. Pour signaler la présence d´une chorale allemande, dirigée par un chef anglais. Certes, mais on aurait pu y ajouter la Moselle, vu que le tout était accompagné par un ensemble venu de Metz, le Concert lorrain. Concert de l´Avent avec trois cantates et le Magnificat de Bach. La chorale: le Choeur de Chambre de Dresde, le chef: Marcus Creed. En solistes: Mary Bevan, soprano, Tim Mead, contre-ténor, Guy Cutting, ténor et Tobias Berndt, baryton. Les oeuvres interprétées: „Nun komm, der Heiden Heiland” BWV 62, „Christen, ätzet diesen Tag” BWV 63, „Unser Mund sei voll Lachens” BWV 110 et le Magnificat BWV 243.

Fondé en 2000 par la claveciniste Anne-Catherine Bucher, le Concert Lorrain a su rapidement s'imposer sur la scène baroque internationale. Choisi en 2012 par Christoph Prégardien pour sa première tournée en tant que chef, l'ensemble a été entre autres invité au Musikverein de Vienne, au Concertgebouw d'Amsterdam, à la Cité de la Musique ou encore à la Philharmonie de Varsovie et au Palais des Congrès de Lucerne. Également loué pour ses enregistrements (Diapason d´Or). C´est dire que sa réputation n´est plus à faire. Partenaire régulier du Concert Lorrain, la Chorale de Chambre de Dresde a été fondée en 1985. Notamment spécialisée, de par son origine, dans la musique de Bach, elle se produit régulièrement dans les festivals à l´étranger. Pour diriger le tout, un Anglais, Marcus Creed, lui-même rodé à la musique chorale, puisqu´il a été formé au King´s College de Cambridge et à la Christ Church d´Oxford. Qui fut notamment à la tête du choeur RIAS de Berlin.

S´il nous revenait de nos jours, Bach serait bien surpris de se voir joué, non seulement dans toute l´Europe, mais dans le monde entier. Car à l´époque (à la différence de Haendel), ses oeuvres restaient limitées au milieu relativement restreint d´une cour ou d´une paroisse. Leur renommée s´étendant tout au plus dans les cours voisines, voire dans l´entourage du roi. Mais guère davantage. Les trois cantates données ce soir s´étalent sur une période de 15 ans (de 1710, Weimar à 1725, Leipzig). Toutes dédiées à la période de Noël. Qui devraient donc nous offrir en principe une ambiance festive et animée. (NB: on retrouvera le choeur qui introduit la dernière cantate dans l´ouverture de sa quatrième suite pour orchestre en ré majeur.) Quant au Magnificat, il exprime la joie de Marie enceinte partagée avec sa cousine Elisabeth (elle-même enceinte de Jean-Baptiste). Tombant donc à point pour précéder Noël. Que dire de plus? Sinon que la première cantate donnée ce soir est basée sur un hymne écrit par Luther pour le premier dimanche de l´Avent. Mis à part le Magnificat, des oeuvres jamais entendues jusqu´ici, que nous allions donc découvrir ce soir.

pparue sur la fin des années soixante, la mode consistant à jouer sur des instruments anciens fut souvent décriée au départ pour se voir aujourd´hui entrée dans les moeurs, voire fort répandue. L´un des principaux reproches qui lui étaient faits concernait les cordes dont on jugeait la sonorité quelque peu acide et traînante et certains cuivres (les cors) pour leur imprécision. Voilà qui n´est plus le cas aujourd´hui, soit que nos oreilles s´y soient habituées, soit, surtout, que la technique du jeu ait évolué. Tel est le cas de l´ensemble Le Concert lorrain que nous avons entendu ce soir. Un ensemble aux belles sonorités, notamment avec un hautbois au timbre absolument délicieux - mis en avant dans les oeuvres ici jouées - et les deux flûtes. Un programme allant, si je puis dire, en crescendo, avec deux premières cantates un peu en retrait par rapport à nos attentes, pour nous séduire (je ne dirais pas combler) après la pause, avec la cantate BWV110 et surtout le merveilleux Maginificat (qui n´est pas sans rappeler certains passages de la Messe en Si). Séduire, certes, mais combler, non. En raison d´un ensemble à notre sens trop réduit et manquant de puissance. Ce qui est en grande part à mettre au compte de l´acoustique. Qui eût certainement été mieux mis en valeur dans un cadre plus intime. A mettre également au compte de la direction, trop mesurée pour des oeuvres (dernière cantate et Magnificat) dont nous aurions attendu plus d´éclat (malgré le brio des cuivres). Même réserve du côté des choeurs. Le tout bien chanté certes, mais - à la différence de l´orchestre - trop „entier”, manquant légèrement de nuances. Quant aux solistes, que dire? Tous excellents, mais nous retiendrons surtout la brillante prestation du ténor britannique Guy Cutting. Ici encore, une réserve: le recours au contre-ténor (Tim Mead, paraît-il très réputé) dont le timbre nous a presque incommodé, se portant à faux dans les duos avec la soprano. Mieux eût valu le recours à une alto. Pourtant bien chanté, de sa part également.

Voilà pour ce que nous pouvions dire de cette soirée. Mais ne boudons pas notre plaisir, car ce fut somme toute une soirée bien agréable, au demeurant fort applaudie. Malgré notre légère réserve pour les deux premières cantates où nous n´avons pas vraiment perçu cette ambiance de Noël que l´on trouvera par la suite dans l´Oratorio.

Et puis, l´occasion de découvrir un jeune ensemble venu de notre chère Lorraine (1)...

 

Pierre Waline, 20 décembre 2019

 

(1): sous la direction du violoncelliste allemand Stephan Schultz, les membres de l´ensemble se montrent très actifs au sein de leur région, se déplaçant régulièrement dans les écoles pour sensibiliser et initier les jeunes à la musique baroque, organisant chaque année une Académie de musique baroque et tenant en ville des „cafés baroques”. Un ensemble au demeurant couronné par la presse (revues Diapason et Gramophone). / NB: le même concert avec les mêmes interprètes venait d´être donné la veille au Grand Auditorium de Luxembourg.

Le lieu, tout d´abord. Pour nous présenter la prochaine saison, Szilveszter Ókovács, Directeur général de l´ Opéra, a choisi son dernier né, l´Atelier Eiffel qu il semble particulièrement chérir, à juste titre, Déjà présenté dans ces colonnes, ce nouvel espace constitue un troisème site, aux côtés de la salle classique de l´avenue Andrássy (en rénovation) et du Théâtre Erkel. Un vaste hall décoré pour l´occasion par un habile jeu de lumières aux couleurs de la France. Car c´est sous le signe de la France que sera placée cette nouvelle saison 2020-2021.

 

 

Le Directeur de l´Opéra laissant, pour commencer, la parole à notre ambassadrice Pascale Andreani. Qui nous rappelle la longue tradition de l´opéra français, qui remonte au siècle de Louis XIV, mais aussi sa grande diversité. Des oeuvres, certes, dues en grande partie à des compatriotes, mais pas seulement, tels Lully, Gluck ou même Verdi (sans parler de Rossini ou d´un Offenbach, né à Cologne). Ce qui le hisse au niveau européen. Citant à cet égard une phrase attribuée à Jean Monet: ”Si c´était à refaire, je commencerais par la culture”. Voilà qui est vrai, car, même s´il ne l´a pas dit, c´est bien d´abord par la culture que se fait l´Europe. L´ambassadrice évoquant à titre d´exemple la profonde amitié qui liait Liszt et Berlioz. Le premier coqueluche des salons parisiens, le second chaleureusement accueilli à Pesth (1). Amitié prolongée par la parfaite entente qui marque aujourd´hui la relation entre l´Ambassade et l´Opéra d´État hongrois.

Pascale Andreani

Puisque nous avons évoqué les différentes salles rattachées à sa maison, Szilveszter Ókovács cite Paris en exemple. Avec ces deux lieux prestigieux que sont le Palais Garnier et l´Opéra Bastille. Un exemple que Budapest aimerait suivre pour se hisser au niveau des grandes scènes européennes. Ce à quoi contribuera sans nul doute, du moins est-ce son ambition, cette saison française. Rejoignant le constat formulé par l´ambassadrice d´une identité européenne entre autres illustrée par l´opéra, Szilveszter Ókovács nous présente cette saison comme offrant des oeuvres non exclusivement composées par des Français, mais se rattachant d´une façon ou d´une autre à la France. Un exemple flagrant: Beaumarchais et Mozart. Mais il en est mille autres.

Une „saison française”, donc, à prendre au sens large du terme, à laquelle aura également sa part le ballet. Pour ce qui concerne l´opéra proprement dit, au-delà du grand opéra et des grands classiquess, dont plusieurs, tels Werther ou les Huguenots, déjà donnés sur scette scène, l´accent sera également mis sur l´opéra baroque.

Plutôt que d´en livrer ici une liste qui serait longue et fastidieuse - que l´on trouvera sur le site de l´Opéra (2) - nous nous bornerons à citer quelques exemples qui illustrent l´étroite interaction entre la France et ses voisins européens ou encore entre l´ancien et le moderne. Puisque nous avons évoqué Beaumarchais, nous commenerons par sa trilogie avec une production combinant le Barbier et le Mariage avec „La mère coupable” mise en musique par Darius Mlhaud dans un arrangement conçu par un Hongrois (András Vinnai). Autre exemple, la création d´un opéra contemporain du Hongrois János Vajda: „Le Malade imaginaire ou le comédien de Sa majesté”, en partie inspiré d´une pièce de Boulgakov sur la vie de Molière sur fond du Malade imaginaire. Pour en rester avec Molière, Le Bourgeois gentilhomme avec chant et ballet, sur la musique bien connue de Lully dans la conception et mise en scène d´un jeune Hongrois (Jakab Tarnóczi). Mais avec également des grands classiques, tels les Contes d´Hoffmann ou Andrea Chénier, Samson et Dalila, la Princesse jaune de Saint-Saëns, Fantasio et Fortunio d´après Musset ou encore, plus près de nous, Pélleas et Mélisande, Le Dialogue des Carmélites ou Les Enfants terribles de Philp Glass d´après Cocteau. A noter encore l´opéra-ballet Don Juan de Gluck directement inspiré de Molière. Tout cela cité au hasard, car, encore une fois, la liste serait trop longue à dresser ici.

 

 

Comme l´on voit, une saison qui, au-delà du nombre (3), promet d´être riche, originale et variée. Sans délaisser pour autant les productions, disons „universelles, telle la Tosca. ...Encore qu´elle soit inspirée d´une pièce française (Victorien Sardou). Également mis à l´honneur, le répertoire hongrois. Sans oublier les traditionnels concerts (près d´une quarantaine au programme desquels figurent entre autres Berlioz, Chapentier, Chausson, Debussy et Ravel), oratorios (Le Messie), musique religieuse (Requiem de Verdi) et tournées en province ou dans les pays voisins.

Un programme ambitieux par lequel les responsables de l´Opéra de Budapest contribueront de façon exemplaire à promouvoir notre patrimoine culturel auprès du public hongrois. Ce dont nous ne pouvons que nous réjouir. Souhaitons leur franc succès.

 

 

Pierre Waline, 7 décembre 2019

 

Crédit photos: Magyar Állami Opera

 

(1): un bel exemple: la fameuse Marche de Rákóczi, arrangée par Berlioz (Marche hongroise) dans sa Damnation de Faust.

(2): opera.hu, également disponible en anglais,

(3): 56 opéras donnés sur 190 représentations, dont 16 premières, 35 ballets sur 136 représentations, dont 3 premières.

À qui se lance dans l´étude d´une langue étrangère, je recommanderais, au-delà de l´apprentissage du vocabulaire, de se lancer dans la familiarisation avec les expressions locales.

Elisabeth Leonskaja Szovjetunióban született, de 1978 óta Bécsben él. Bécs, ahonnan úgy látszik, a zongoraművésznő szeret a szomszédos Budapestre látogatni és ott szerepelni, többek között Fischer Iván és a BFZ kiséretében.

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